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Sans relâche




Le débat sur l'intermittence s'étend à la politique culturelle et aux droits sociaux. Manifestation à Paris le 16 octobre, nombreuses actions en régions..


Il n'est pas sûr que Le Monde ait été bien inspiré de titrer, dans son édition du 23 septembre, «Queue de comète pour le mouvement des intermittents»! Car, bien que moins spectaculaires que celles qui ont conduit à l'annulation de nombreux festivals de l'été, les actions des coordinations d'intermittents n'ont pas cessé depuis la «rentrée». Dans de très nombreux théâtres, l'ouverture de saison a surtout été l'occasion d'entamer le dialogue avec le public, en cherchant des appuis nouveaux dans l'opinion et, loin de l'écueil du corporatisme, en prolongeant le débat sur la politique culturelle, la casse des droits sociaux et l'horizon inhumain que dessine la mondialisation de la finance. De fait, la réforme du régime de l'intermittence, agréée par le gouvernement début août, n'est plus le seul objet de contestation. Le ministre de la Culture a été contraint d'annuler les Assises régionales du spectacle vivant et ses déplacements en régions sont devenus quasi-impossibles. Mais au-delà des questions de politique culturelle, le staff de Jean-Pierre Raffarin et la fine fleur du Medef n'ont cessé de continuer à jeter de l'huile sur le feu en s'attaquant aux services publics, à l'indemnisation des chômeurs, aux 35 heures et à l'ensemble des droits sociaux. Seule a été repoussée après les échéances électorales de 2004 la réforme de l'assurance-maladie, ce dont se désolent d'ailleurs les jusqu'auboutistes de l'ultra-libéralisme, qui se précipitent pour reprendre en chœur le refrain à la mode du «déclin» de la France! Pas besoin d'être grand clerc pour deviner qui va tirer les marrons du feu: le Front national a déjà choisi son thème de campagne pour 2004. Ce sera «l'insécurité sociale». Pardi...

Pour ne pas laisser la droite extrême faire le lit de l'extrême-droite, il revient au mouvement social et aux acteurs culturels d'occuper un espace que «l'opposition» socialiste semble avoir déserté, dans l'état post-comateux qui reste le sien après la défaite d'avril 2002. En posant la question essentielle d'une «culture de société», les intermittents et ceux qui les soutiennent animent sans relâche le foyer des non-résignations. Comme nous l'écrivions dans le dernier éditorial de Mouvement, «Dans quelle société voulons-nous vivre? Cette question de culture générale n'appelle ni repos, ni répit. C'est en y répondant que nous pourrons créer, collectivement et singulièrement, l'art d'en sortir».
Cette même exigence fonde un texte essentiel que co-signent Miguel Benasayag, Mathurin Bolze, Sylvie Blum, Carmen Castillo, Mary Chebbah, Jean-Baptiste Eyraud, Valérie Lang, Maguy Marin, Stanislas Nordey, Julie Paratian, François Tanguy, François Verret («Nous, les surnuméraires») alors qu'à Paris et un peu partout en France, les débats et actions se multiplient.
La comète poursuit sa trajectoire, sans relâche.


Jean-Marc ADOLPHE,
Publié le 2003-10-09

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : édito
Thème(s) : politique culturelle,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Jean-Marc ADOLPHE (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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