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Le fiasco de Toulouse

Organisation cahotique

Chapeau : Le célèbre festival d'arts visuels du Printemps de Cahors se délocalise à grand peine à Toulouse pour devenir le Printemps de Septembre. Changeant de cadre, de contexte, la manifestation perd l'essentiel de ce qui faisait son charme.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Apparence :

Rubrique : Espace critique

Léa GAUTHIER rédacteur

Texte : Entre un zoom sur la jeune création photographique nord européenne et la présentation d'un vaste panel de vidéos contemporaines, la programmation de cette première édition du Printemps de Septembre s'avère être globalement de qualité. Cependant, le spectateur reste sur sa fin. Rien de l'enthousiasme et de l'effervescence du Printemps de Cahors à Toulouse. Le festival a bien sûr pâti d'une conjoncture dramatique, entre l'attentat des Twin Tours et l'explosion de l'usine AZF. Les organisateurs se sont un temps posé la question de l'annulation pour trancher en faveur du maintient de l'événement. Le festival a néanmoins été amputé de sa partie la plus festive, qui faisait l'un des points forts du Printemps de Cahors: le parcours nocturne des Nuits Blanches autour des vidéos de Yann Kersalé, Ange Leccia et Alexandre Bianchini ainsi que les Soirées Nomades avec les performances de la danseuse Maren Strack ou le projet pyrotechnique de Patrick Auzier n'ont donc pas vu le jour. Pour autant, l'échec de cette manifestation n'est pas principalement dû à ces annulations. Le Printemps de Cahors était une manifestation branchée, un festival très parisien qui investissait pendant une dizaine de jours une petite ville plutôt inerte en matière culturelle. Les oeuvres étaient alors présentées dans des lieux un peu partout dans la ville. Les habitants participaient à l'événement. Mais, par sa taille, par son activité, sa population, Toulouse n'est pas Cahors. Beaucoup d'espaces, d'associations y garantissent un dynamisme culturel et artistique. Mais les organisateurs du Printemps de Septembre, bénéficiant d'un financement municipal considérable (plus de deux millions de francs), n'ont pas tenu compte de ces réseaux préexistants. Les lieux d'art contemporain comme les Abattoirs ou le Château d'eau, les associations d'artistes ou les centres d'art de la région ont été tenus à l'écart. Hormis le musée municipal de l'école des Beaux-Arts et la très institutionnelle fondation Bemberg, les expositions ont été présentées dans un espace EDF et un espace Ecureuil: des lieux qui ne se prêtent pas à la présentation de création vivante. Bref, à grands coups d'annonceurs prestigieux et d'échanges maladroits avec des partenaires financiers, les organisateurs ont fait une manifestation «hors sol». Les toulousains n'ont pas assisté au Printemps de septembre mais ont répondu par milliers à l'invitation de Tatik collectif, qui fédérait autour de Zebda de nombreux groupes d'artistes évincés du festival d'arts visuels. On peut ainsi espérer que les organisateurs du Printemps de septembre retiennent la leçon et que la prochaine édition, s'il y en a une, ne s'imagine pas en terrain conquis. Peut-être faudrait-il s'inquiéter du spectateur aussi bien que du contexte local.

Date de publication : 12/10/2001


Mots-clés : vidéo
Inséré le : 12/10/2001 00:00
Thèmes : arts plastiques, arts visuels,