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Revendication de radicalité
Vladimir Maïakovski tragédie en deux actes
Chapeau : Objet plastique, tentative esthétique, «Vladimir Maïakovski, tragédie en deux actes», proposé par la compagnie Myrtilles dans le cadre d'Oktobre à Montpellier, irrite, déroute et surprend.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : critique (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Maïakovski poète
Hervé PONS rédacteur
COMPAGNIE MYRTILLES compagnie de théâtre
Texte : Le metteur en scène Mathias Beyler et sa camarade Lucille Calmel tentent autour de la figure fédératrice de Maïakovski, une mise en scène de la charge poétique contenue dans les textes du poète activiste russe du début du siècle dernier. Alors trois êtres, autour de trois bureaux jonchés d'objets, encadrés de trois immenses écrans vidéos, se débattent entre prises de positions sonores, bribes de textes, collages, montages, happening et déroulage de rouleau de scotch. Bordant le cadre de scène, deux consoles, l'une vidéo, l'autre sonore, scandent la proposition plus esthétique et plastique que théâtrale de la compagnie Myrtilles. Si Maïakovski apparaît d'emblée comme un prétexte, pour ne pas dire une caution, une fois Maïakovski balayé, l'objet bien que déroutant se découvre homogène, pensé, constructif et déclencheur de réflexions. Qu'est ce que la poésie? Est-elle montrable? En dévoiler la puissance nécessite une certaine indécence, l'impudeur de la désacralisation de l'art est-elle supportable? En attendant de ses comédiens qu'ils soient sur le fil en permanence, Mathias Beyler, ne se contente pas uniquement de dire mais aussi de mettre en péril son propre travail pour la pureté du geste.
Si la notion d'engagement a nourri le travail, l'engagement n'est pas exempt du résultat final et c'est chose importante au jour où beaucoup encore demeurent à l'orée de leurs convictions, obnubilés par le souci du consensus. Ici, une liberté certaine, un large champ d'expression est laissé à chaque acteur et par là-même au spectateur. Dans ce lieu de libre expression, les maladresses d'un soir peuvent le lendemain devenir sublimes, l'aléatoire porté haut par la compagnie Myrtilles est une revendication de radicalité. Et la radicalité est la noblesse de ces myrtilles allumées.
Oktobre des Ecritures se prolonge avec La Force de l'Habitude de Thomas Bernard mise en scène de Gilles Lefeuvre-Kiraly, du 16 au 21 octobre au théâtre du Hangard, 03 rue Nozeran Montpellier.
En clôture de ce festival Adam Geist de Dea Loher, traduction Laurent Muhleisen, mise en scène de Gilles Dao au théâtre du Hangar.
Informations: 04 67 54 62 08
Mots-clés : écriture, objet, art, sacré
Inséré le : 19/10/2001 00:00
Thèmes : théâtre, poésie,