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A qui perd gagne
Autopsie d'une élection
Chapeau : Notre «agitateur clandestin», Tzotzil Trema, nage en plein délire. Il prétend que Lionel Jospin n'a aucune chance d'être Président, s'imagine que l'administration Bush a laissé faire Ben Laden, n'aime plus Alain Minc, et rêve de devenir ingénieur de sûreté nucléaire.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : chronique (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Apparence :
Lionel Jospin personnage politique
Tzotzil TREMA auteur
Texte : Allez, au fond je l'aime bien Lionel Jospin. Vous imaginez? Etre à la fois de culture protestante, avoir conservé une tête de premier communiant sans être pour autant un enfant de choeur, voila qui relève de l'exploit absolu. Bon, il a quand même réalisé les 35 heures, et surtout tenu à garder avec Robert, Dominique et les autres, et malgré la défection de Jean-Pierre, le cap de la «gauche plurielle». Chapeau, l'artiste! On dira donc que Lionel Jospin est un bon Premier Ministre. D'une certaine façon, on a de la chance : regardez à côté, vous en voudriez, vous, d'un Tony Blair, d'un Berlusconi, d'un Aznar ou d'un Schroeder? Non, merci. Le problème, c'est qu'on ne l'entend pas beaucoup, Lionel le Premier. Prudence héritée du trotskyme lambertiste, taupe ou pas taupe? Il paraît que dans le contexte de l'après 11-septembre, Jospin préfère se tenir sur ses gardes, attendant de son adversaire Président qu'il dérape, qu'il se coupe, bref qu'il file tout seul dans l'erreur. Pourquoi pas? Il y a bien du «loser» inconscient chez Chirac (rappelez-vous la dissolution de l'Assemblée Nationale). A quand le prochain faux-pas du boy de Bernadette ? Jospin attend son heure. Mais Chirac est sur la même ligne. Il suppose qu'un jour viendra où Lionel explosera en plein vol, qu'il ne maîtrisera pas toujours son sang-froid. Bref, c'est à qui perd gagne. . . C'est la politique du moins dire.
Certains en profitent: Le Pen, surfant discrètement sur «le sentiment d'insécurité»; Chevènement en «troisième homme» providentiel, flirtent l'un et l'autre avec 10% des intentions de vote pour la prochaine présidentielle. Certains oublient d'en profiter: François Bayrou court la campagne dans un bus qui carbure au colza: ça ne pollue pas, mais ça passe inaperçu. Les écologistes, de leur côté, hésitent entre le vert pâle, le vert soutenu et le vert neutre: ça manque de couleurs.
Et surtout: tout le monde semble fasciné par le «leurre» de la prochaine élection présidentielle. L'enjeu politique des prochains mois, ce sera l'élection législative, pas la présidentielle. C'est quoi, le pouvoir du Président de la République? D'ailleurs, certains s'en émeuvent. La Fondation Jean Jaurès, dont le «comité d'orientation scientifique» est piloté par Dominique Strrauss-Kahn, vient d'accoucher d'un rapport qui préconise «une démocratie moderne». L'un des auteurs de ce rapport, Vincent Peillon (député de la Somme, et surtout. . . porte-parole du Parti socialiste), s'autorise à dessiner les contours d'une «VIe République» dans laquelle le Président de la République deviendrait «l'unique responsable de l'exécutif», disposerait d'un droit «d'initiative exclusive pour le budget et la loi de finances sociales» et d'un droit de veto sur les lois votées par le Parlement ! Jean Jaurès doit se retourner dans sa tombe, et nous, on croit rêver: voilà le Parti socialiste embarqué dans la perspective d'un régime présidentiel qui ouvrirait la voie à toutes les dérives totalitaires. . . Si c'est comme ça, plutôt qu'une VIe République qui nous conduirait bien vite vers un néo-fascisme rampant, je préconise pour ma part, au nom de la célèbre et clandestine Fondation Tzotzil Tréma, de passer directement à la VIIème République, dont j'énonce ici les principes: suppression totale de la fonction présidentielle, séparation absolue de l'exécutif et du législatif. Le « gouvernement » serait un comité de sept « sages » (ministères de la communauté, de la parole, du silence, du regard, de la pensée, du sourire, de l'humour. . .; à vous de compléter la liste), entourés «d'experts». Aux partis politiques resteraient les seuls pouvoir de voter les lois, gérer les villes et les régions: pas si mal.
De toute façon, Lionel Jospin n'a aucune chance de devenir Président de la République. Pour une simple raison. Même les simples d'esprit comme moi qui voient en lui un bon Premier Ministre n'arrivent pas à l'envisager en chef d'Etat. C'est l'insondable mystère du politique. Alors quoi? Le Parti socialiste pourrait peut-être présenter un autre candidat. Oui, mais qui? A part, peut-être, Martine Aubry
Mots-clés : vision
Inséré le : 09/11/2001 00:00
Thèmes : politique,