Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Le dernier des talibans, Silvio Berlusconi

Voyage en pays en guerre

Chapeau : Tzotzil Trema, notre «agitateur clandestin» décide de partir en Afghanistan pour libérer Kaboul. . . de Bernard-Henry Lévy. Dernières bribes avant son départ: après les talibans, il faudrait peut-être s'occuper sérieusement de Berlusconi.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Tzotzil TREMA auteur

Texte : Pardonnez-moi, je suis un homme heureux, demain je pars à Kaboul. Pardonnez-moi donc si cette chronique hebdomadairement promise est quelque peu bouclée à l'instant de boucler mon unique valise, quelque peu décousue à l'heure d'en découdre avec l'emploi du temps. Quoique. Je suis un homme libre. Voici exactement sept ans, j'ai décidé de ne plus prendre aucun rendez-vous, de ne plus accepter la moindre invitation, de ne plus m'encombrer d'un agenda. J'aime que demain soit totalement imprévu, et aujourd'hui, même. Depuis que je n'ai plus aucun «rendez-vous», c'est fou le nombre de rencontres qui peuvent survenir en une journée. Voilà le secret: n'avoir aucune attache, aucune entrave. C'est ainsi que je puis décider de partir, demain exactement, pour Kaboul. Je pars en train, je continuerai peut-être en bus, en carriole, à pied. Je mettrai le temps qu'il faudra, je ne suis pas pressé: aucun devoir à rendre, aucune mission à accomplir. J'ai la chance d'être un flâneur professionnel. C'est vrai, je peux me le permettre. Un petit pécule régulier de droits d'auteur pour mon activité d'écrivain, et une petite portion d'héritage gardée à l'ombre en cas de coup dur, un petit trois-pièces dans la banlieue Est de Paris dont je suis heureusement propriétaire depuis dix ans; voilà qui suffit à mon ordinaire.
Donc, c'est décidé, demain je pars à Kaboul. On ne va quand même pas laisser l'Afghanistan débarrassé des talibans au seul Bernard-Henry Lévy! Je ne sais pas si vous l'avez vu l'autre soir chez Drucker, à la télévision, en compagnie de tonton Pinault (le célèbre mécène fraudeur fiscal qui a fait fortune dans les «obligations pourries»)? C'était vraiment pathétique. Bernard-Henri Lévy voulait emprunter l'avion personnel de tonton Pinault pour aller chercher le commandant Massoud dans les montagnes afghanes. Et tonton Pinault de faire le penaud: moi, j'aurais bien voulu, mais il fallait que je demande l'autorisation à papy Chirac, et papy Chirac, il n'a pas voulu. . . Ah, qu'est-ce que j'aurais dû désobéir!
Désobéir, François Pinault, vous n'y pensez pas? Surtout à Jacques-Chirac-en-personne: c'est à lui que Pinault doit d'avoir initialement gagné ses galons d'entrepreneur. C'est facile, notez bien, de réussir à faire de l'argent quand on a certaines «protections». Et Bernard-Henri Lévy, au milieu de tout ce cirque, qui nous fait le numéro de clown de l'intellectuel engagé! Voilà, c'est dit: je pars libérer Kaboul. . . de Bernard-Henri Lévy (et de Bernard Kouchner qui ne devrait pas tarder à arriver).
Non, je plaisante. Je m'en fous de leurs numéros de cirque usés jusqu'à la corde. Je vais chercher à Kaboul (ou ailleurs dans ce beau pays d'Afghanistan mutilé par tant de guerre) la beauté d'un visage qui éclôt après toutes ces années d'enfermement mental. Je vais chercher à Kaboul des odeurs, des regards, des respirations. . . Je suis libre comme l'air qu'on respire peut-être maintenant à Kaboul. Je vous raconterai, peut-être, si je trouve un endroit pour brancher mon portable. Mais peut-être serez-vous privés de cette chronique pendant quelques semaines. De toute façon, à Kaboul, je ne compte trouver ni livres ni journaux, qui ici font partie de mes nourritures quotidiennes.
Voici, juste avant mon départ, quelques pensées décousues sur Hollywood et Berlusconi, pour s'amuser un peu.


Les Américains sont de grands enfants, et les enfants, ça rapporte!
En vrac et en quelques mots, mon ami Noam Chomsky, professeur de linguistique au Massachusetts Institute of Technology, vient de m'envoyer les épreuves de son nouveau livre, «11/9, autopsie des terrorismes», un recueil d'entretiens réalisés entre le 19 septembre et le 15 octobre avec des journalistes italiens, américains, yougoslaves, allemands, suisses, grecs, espagnols et français. L'ouvrage devrait sortir ici la semaine prochaine au Serpent à plumes. J'y lis ceci: «Les attaques du 11 septembre ne sont pas des «conséquences» de la politique américaine dans un sens direct. Mais, indirectement, bien sûr qu'elles le sont (. . .). Il semble peu douteux que leurs auteurs proviennent



Mots-clés : guerre, histoire
Inséré le : 16/11/2001 00:00
Thèmes : politique,