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Diffuser autrement

Chapeau : Nombre des propositions de ce nouvel art de la ville sabotent l'idée même de spectacle, donc de «public» convoqué, posant de fait le problème de leur monstration.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : chronique (Mots-clés : )

Genre Ressource : édito / chronique

Apparence :

Rubrique : 17

Gwénola DAVID rédacteur

Texte : Leur diffusion dans des festivals où les spectateurs attendent, programme en main, que l'évènement attendu se produise ne risque-t-elle pas d'annihiler ces œuvres? Quid de la déstabilisation du passant? D'ailleurs, la ville existe-t-elle encore en période festivalière ou n'est-elle plus qu'une gigantesque scène à 360°? Pour Philippe Saunier-Borrell, qui a mis fin à la Folie de Saint-Gaudens, un des festivals les plus inventifs, «il faut réinsérer ces actes artistiques dans les interférences de la ville parce qu'ils ne prennent sens que là» En optant pour une programmation annuelle et itinérante, les Pronomade(s) en Haute-Garonne (tout comme Lieux Publics et Karwan avec leur Année des Treize lunes 1 dans les Bouches-du-Rhône ou La Ferme du Buisson avec ses Week-ends à Marne-la-Vallée, proposent un autre lien avec le territoire, reposant sur une connivence forgée au fil du temps avec la population et les relais locaux. Les programmateurs des grands événements festivaliers de rue n'ignorent cependant pas cette délicate question. Quelques-uns diffusent durant l'année des spectacles ou des étapes de travail de compagnies en résidence dans leurs lieux de fabrique, comme L'Abattoir à Chalon-sur-Saône ou l'Atelier 231 à Sotteville-lès-Rouen. D'autres commencent à mettre en place des rendez-vous dans la saison, tels le festival Furies à Châlons-en-Champagne et le Festival d'Aurillac. Mais ces initiatives se heurtent souvent aux limites qu'imposent la faiblesse des moyens financiers des structures. D'autant plus que les maillons du réseau décentralisé (Centres dramatiques, scènes nationales,...) n'offrent pas d'appui pour faire circuler les œuvres, ignorant généralement les formes de la rue, à quelques rares exceptions (Bonlieu à Annecy, Le Channel à Calais, Culture Commune à Loos-en-Gohelle, la Ferme du Buisson, le Théâtre de la Cité à Toulouse, ...). Absence de curiosité, frilosité ou manque de savoir-faire? Sans doute les trois à la fois.

1. De septembre 2002 à septembre 2003, l'Année des Treize lunes déploiera la première saison des arts de la rue dans plusieurs villes des Bouches-du-Rhône. Il s'agit «d'inventer une politique de diffusion du territoire, d'aller à la rencontre de publics nouveaux et de replacer la ville au cœur de l'interrogation artistique.»

Date de publication : 03/07/2002


Mots-clés : art vivant, espace, Lieu de diffusion
Inséré le : 03/12/2003 00:00
Thèmes : arts de la rue,