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Désacralisation du son

Entre singularité et étrangeté

Chapeau : Exploded Toys et Hoppy Kamiyama étaient présents le 8 décembre au Batofar. Déjouant les effets du sonore Exploded Toys replace le fait musical au centre de l'événement tandis que Mamiyana peine à briser les conventions.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Olivier Brisson rédacteur
Hoppy Kamiyama performeur
Exploded Toys musicien

Texte : «Il y a une autre logique interne, qu'on ne sait pas expliquer, extrêmement futile et toujours incomplète, illustrée par ce sentiment étrange qui nous prend, quand on entend une musique ou qu'on voit quelque chose, et que cette musique ou ce quelque chose est à la fois familier et étranger» XPER.XR
C'est peut-être ce sentiment, cette logique-là, qui s'est imposée samedi soir lors du concert d'Exploded Toys au Batofar. Deux musiciens assis chacun à leur table couverte d'objets divers, ne se cherchant à aucun moment du regard, mais toujours à l'écoute de l'autre, refusant tout autant la mise en scène que la sacralisation du son. Le geste pourtant visible, disparaît au profit de l'effet sonore. Il n'y a pas de ridicule, pas de comique, juste une certaine distance envers la performance. Exploded Toys replace le fait musical au centre de l'événement. Tout se joue ici et maintenant en toute simplicité. Les structures s'emboîtent et se suivent au hasard de l'improvisation, créant un univers plus proche des Pascals (groupe de 16 « Pascal Comelade » japonais) que de Scanner.
A la course à la modernité, si chère à tant d'artistes actuels, ils répondent par une appréhension artisanale de la création. Pas de sons extrêmes, de Bpm ou de Powerbook. Et à l'heure où on parle de produit culturel, c'est peut-être l'acceptation de sa propre fragilité qui rapportera une once de radicalité.
C'est sans doute cette nécessaire prise de position qui a manqué aux autres formations présentes ce soir-là.
Hoppy Kamiyama, personne éclectique connu pour ses performances solo (habillé en femme) et ses nombreuses collaborations (Amy Denio entre autres) n'a pas, samedi soir brisé les conventions. Abolir le rythme et la pulsation est une initiative dépassée par nombre de musiciens (mais qui a au moins apporté la dilatation du temps dans le champ sonore), et revenir aujourd'hui de manière systématique au beat pousse à croire qu'un samedi à 1H30, la musique se danse plus qu'elle ne s'écoute. Tagomago, tirant son nom du célèbre album de Can en a gardé l'influence rythmique mais a perdu toute la force hypnotique du groupe.


Olivier Brisson



Mots-clés : rythme, son, improvisation
Inséré le : 12/12/2001 00:00
Thèmes : musique,