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Distances de l'histoire
Entretien avec Gilberte Tsaï
De père chinois et de mère française, Gilberte Tsaï n'a cessé de travailler et de traduire théâtralement cette double culture. La scène lui a permis de faire grandir l'histoire manquante avec la Chine, pays qui est pourtant aussi le sien.
D'où provient votre désir de mettre en scène par des ressortissants de la communauté chinoise?
Gilberte Tsaï: Tout mon travail est marqué par l'histoire de mon père, l'expérience du déficit de langues que j'ai vécue enfant. Mes premiers souvenirs avec mon père sont liés au Larousse qu'il lisait méthodiquement, tous les soirs, avec moi sur les genoux. Il était très fier de dire comment il avait appris à lire sur les cartes Michelin qu'il utilisait quand il est devenu colporteur de maroquinerie. Mon enfance est entièrement baignée par ces scènes d'un père qui apprenait, de manière très volontariste, tous les mots du dictionnaire. Mais inversement, mon père ne s'est pas permis d'apprendre la langue chinoise à ses enfants. Mon désir de faire advenir la langue chinoise et sa musique sur la scène de théâtre vient sans doute de ce manque-là.
Bruno TACKELS,
Publié le 2003-11-00
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : entretien
Thème(s) : théâtre,
Mot(s) Important(s) : Chine, culture, origine, histoire,
Artiste(s) : Bruno TACKELS (rédacteur), Gilberte TSAÏ (metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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