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Le théâtre: pouvoir d'objections
Depuis son origine «le Groupov» conduit par Jacques Delcuvellerie se pose la question des violences que les hommes font aux hommes, pour tenter de comprendre cette inhumanité qui semble indéfectiblement coller à leur histoire.
Depuis son origine «le Groupov» conduit par Jacques Delcuvellerie se pose la question des violences que les hommes font aux hommes, pour tenter de comprendre cette inhumanité qui semble indéfectiblement coller à leur histoire. Cette quête l'a poussé à mener très loin les rapports que le théâtre entretient nécessairement avec le monde qu'il questionne, au point de faire monter sur la scène la tragédie des massacres au Rwanda, en 1994. Un spectacle-fleuve, qui reste dans tous les esprits, pour tenter de comprendre ce qui a eu lieu, et le regard que l'Europe a pu porter (et déformer), en son temps, notamment par le biais de la télévision. On se souvient de cette scène inclassable, qui passe tout jugement, où une femme qui a échappé aux massacres vient témoigner sur le plateau du théâtre, en chair et en os, sans plus aucune médiation. Dans son dernier spectacle, «le Groupov» relit la Bible à l'aune de la violence incroyable que Dieu lui-même sécrète et retourne vers ses créatures. Le Discours sur le colonialisme de Césaire a également fait l'objet d'un spectacle qui interroge les violences politiques que l'Europe a imposées au reste du monde. À chaque fois, l'agression faite au corps d'autrui, sa destruction ou son déplacement, peuvent être repris, restitués et renversés par le geste de l'art.
Bruno TACKELS,
Publié le 2003-11-00
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : portrait
Thème(s) : théâtre,
Mot(s) Important(s) : europe, humanité, théâtre,
Artiste(s) : Bruno TACKELS (rédacteur), Jacques DELCUVELLERIE (auteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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