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Un psychopathe aux biens culturels?

Attention danger !

Chapeau : Vibrion politique, homme de spectacle et Casanova, «l'honorable» Vittorio Sgarbi mutiplie les déclarations outrancières. Portrait inquiétant d'un «playboy narcissique».

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Rubrique : 15

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur
Silvio BERLUSCONI personnage politique
Vittorio SGARBI personnage politique

Texte : «Excrémentiel», l'art contemporain? Les objecteurs de conscience, des «pédés pistonnés»? Le sous-secrétaire d'Etat italien aux Biens culturels du gouvernement Berlusconi, Vittorio Sgarbi, est habitué de longue date des petites phrases insultantes et provocatrices. Qu'à cela ne tienne, Sgarbi veut être vu et connu; il est prêt à tout pour y parvenir.
Historien de l'art et «playboy narcissique», Vittorio Sgarbi (né à Ferrare en 1952) est diplômé en lettres et philosophie de l'Université de Bologne. Un homme cultivé, donc, qui court depuis sa tendre enfance après la certitude qu'il a chevillée au corps d'avoir devant lui un grand destin national. Lui-même se définit comme «un politique, un homme de spectacle et un Casanova». Grand séducteur devant l'éternel féminin, «maître-tombeur», Vittorio Sgarbi expose dans la presse du coeur ses «conquêtes» comme autant de trophées de chasse: actrices et starlettes, top-models, animatrices de télévision, jusqu'à une reine du porno, Milly d'Abbraccio, qu'il exhiba triomphalement au Parlement. Sa dernière fiancée connue? Une charmante «danseuse du ventre» tunisienne, Zina Ben Salem. Mais l'information, il est vrai, est ancienne (février 2001). Depuis, de l'eau a dû couler sous les ponts. . .
Homme de spectacle, Vittorio Sgarbi doit sa phénoménale notoriété aux émissions télévisées qu'il anime depuis le début des années 90. On le découvre ainsi sur la RAI 2, pour une émission orwellienne, La Machina della verità (grâce à un appareillage qui enregistre la moindre pulsation cardiaque, on vérifie que l'invité répond sans mentir aux questions posées sur sa vie professionnelle et privée)1. Mais c'est au sein de l'empire berlusconien que Sgarbi se transforme en redoutable histrion. Jouant sur la signification de son nom, il anime Sgarbi quotidiani (que l'on peut traduire par: goujateries journalières) sur Canale 5, en 1996-97; émission à laquelle succède La casa dell'anima. Pour 10.000 dollars, il pose nu dans une revue. Mais on peut aussi acheter sa présence à une soirée ou à une fête. Une compagnie de téléphonie mobile a même mis aux enchères une nuit avec «l'honorable» Vittorio Sgarbi: une brave commerçante de San Remo a emporté le lot, pour 5,2 millions de lires (16.000 F) pour passer une nuit avec.
Au programme: concert de musique classique, dîner à la maison, puis longue discussion nocturne jusqu'à 5 heures du matin!
Un «politique», enfin, qui mange à presque tous les rateliers: conseiller municipal en 1991 à San Severino Marche sur une liste du Parti socialiste italien, il est élu député libéral l'année suivante avant de rejoindre Forza Italia en 1994. Mais cela ne suffit pas; il n'arrête pas de créer des mouvements, Vittorio Sgarbi. Un jour, c'est la «Ligue des Libertés». Le lendemain, c'est un «Pôle Laïc». Ou encore, dernière trouvaille en date, une «association pour les droits civils» qui se prononce «contre la globalisation et contre les Tuniques Blanches»2. On trouve sur Internet la trace de l'une de ses anciennes professions de foi: «Une politique qui n'est pas faite par des politiciens est une bonne raison pour choisir une liste dont l'identité propre n'a rien à faire avec l'idéologie et les partis, mais avec les principes élémentaires de la défense de l'individu et de la civilisation italienne». Il s'agit tout simplement de «sauver l'Italie», «pas de façon abstraite, mais dans ses monuments, dans son identité, dans son histoire». Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse! En 1995, Vittorio Sgarbi a fait l'objet d'une enquête judiciaire du parquet de Cosenza, qui le soupçonnait de s'être engagé à dénigrer au Parlement le travail des enquêteurs et des magistrats anti-Mafia en échange de voix assurées par la mafia calabraise (la N'Dran-gheta)3. L'enquête a été classée, mais la virulence des attaques quotidiennes de Sgarbi contre les juges italiens, sur Canal 5, lui valut plusieurs plaintes en diffamation. Il a également été condamné à 60 millions de lires (environ 180.000 F) pour avoir traité de «conne» (stronza) une poétesse italienne sur le plateau du Maurizio Costan

Date de publication : 01/01/2002


Mots-clés : provocation, art, Italie, manipulation
Inséré le : 03/01/2002 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,