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Collectif singulier
Les Lieux de là
La troisième étape de travail du singulier collectif les Lieux de là, sobrement intitulée Quelque part, quelqu'un, prend notamment appui sur la poésie d'Henri Michaux
Ne pas se laisser enfermer. Dans un style, un système, un lieu. Pour qu'une certaine «folie» ose encore s'exprimer, librement. Dans son ancien couvent, le centre chorégraphique de Montpellier n'est certes pas une forteresse blindée à toute influence extérieure. Bien au contraire. Tout au long de l'année, Mathilde Monnier et ses partenaires de travail multiplient les rencontres-conférences, les cours réguliers et les ateliers d'expérimentation, les scènes ouvertes. Une ouverture qui se propage généreusement à d'autres tissus sociaux, notamment certains univers liés à la souffrance (milieu hospitalier, personnes autistes, malades atteints d'une pathologie grave, anciens alcooliques. «La qualité de la relation constitue la nature même de notre actions vers les publics» affirme l'équipe de Mathilde Monnier. Rien que de très normal: il revient aux centres chorégraphiques d'assumer, à côté de la création, des missions fixées par un «cahier des charges». Mais on a pour cela, à Montpellier, des formules qui font mouche. Ainsi: «Il n'y a pas de projets de sensibilisation, il y a surtout des projets sensibles».
Ces quelques considérations n'auraient sans doute guère de pertinence ici, dans l'antichambre d'un spectacle, si l'on n'avait l'intuition que ce souci du partage, ce refus de l'enfermement, n'avaient leur traduction au coeur même de la démarche de création de Mathilde Monnier. Et Les Lieux de là en sont peut-être l'expression la plus radicale. En mettant en chantier ce projet conçu pour se décliner en trois étapes distinctes, pendant deux ans, la chorégraphe annonçait un «voyage polyphonique à travers des lieux utopiques». Cette formulation un brin emphatique n'avait-elle d'autre raison que de dissimuler la «modestie» du sous-titre: «journal chorégraphique»? Car il s'agit bien de cela, au fond: un journal de bord, qui n'aurait pas de prime abord la prétention de «faire oeuvre» mais plutôt de restituer le dépôt de quelques expériences de mouvement menées communément par un petit groupe de danseurs autour d'une question centrale: «comment être ensemble?». Question aussi sourdement politique que simplement liée au semblant de familiarité d'une compagnie de danse.
Publié le 1999-06-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : critique
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : enfermement, poésie,
Artiste(s) : Jean-Marc ADOLPHE (photographe), Mathilde MONNIER (chorégraphe), Henri MICHAUX (écrivain),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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