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Un jour avec Kazuo Ohno
Par Catherine Diverrès
Chapeau : Catherine Diverrès se souvient d'un jour passé avec Kazuo Ohno, et "réagit " à partir de l'entretien avec Yoshito Ohno.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : expérience (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : 26
Catherine DIVERRES rédacteur
Catherine DIVERRES chorégraphe-interprète
Bernardo Montet / Association Mawguerite chorégraphe-interprète
Kazuo Ohno danseur
Texte : Mouvement a proposé à Catherine Diverrès de « réagir » à cet entretien avec Yoshito Ohno. En 1982, avec Bernardo Montet, Catherine Diverrès avait entrepris le voyage à Tokyo pour rencontrer Kazuo Ohno et partager son apprentissage. Le duo Instance, né de ce séjour au Japon, allait fonder une œuvre qui s'est construite en rupture avec l'influence cunninghamienne, qui attirait alors nombre de jeunes chorégraphes. Alors qu'elle « revisite » dans la création d'
Écho son propre parcours chorégraphique, Catherine Diverrès nous écrit, en « réaction » à l'entretien avec Yoshito Ohno que nous lui avons soumis :
« c'est ma mémoire qui s'ébroue, des images, des mots reviennent, une nostalgie, une profonde tendresse. » À beaucoup, cet entretien paraîtra étrange, mais, nous dit Catherine Diverrès,
« de cet étrange même surgit le langage poétique d'Ohno, quelque chose d'inaccessible, de flou, de lointain, de mouvant. »Il y a vingt ans, à l'aéroport de Tokyo nous attendait Kazuo Ohno, âgé alors de 76 ans. Ces premières paroles ont été
« Are you Harald Kreutzberg ? » à Bernardo Montet, et à moi-même,
« Are you la Argentina ? » (1). D'entrée nous étions dans le monde de Ohno, perdus, décontenancés, loin. Le voyage ne faisait que commencer. Ohno venait de faire trois heures de transport en commun et nous amenait chez lui – encore trois heures. Une fois arrivés, il nous a offert un repas que sa femme avait préparé, et tout de suite il nous a parlé de Tadeusz Kantor,
« The dead class » (qu'il venait comme nous de découvrir) répétant un doigt levé :
« number one ! ». Ensuite il nous a parlé de la sole qui reste longtemps au fond de l'eau, supporte la pression et s'élève... Puis sur deux mètres carrés dans son salon, il s'est mis à danser. Ainsi commençait notre première « classe ».
(1) Harald Kreutzberg, danseur expressionniste allemand. La Argentina, célèbre danseuse espagnole. Kazuo Ohno les avait vus danser l'un et l'autre au début du siècle, à Tokyo.
Date de publication : 01/01/2004
Mots-clés : voyage, souvenir, transmission
Inséré le : 26/04/2004 00:00
Thèmes : danse,