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Intermittents : sortir de la « déception »

Chapeau : L'entrée en vigueur du nouveau régime d'indemnisation du chômage des intermittents ne calme pas la grogne. Mais le dossier est loin d'être clos.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : Espace critique
Rubrique : 27

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur

Texte : Le problème reste entier. L'entrée en vigueur, au 1er janvier 2004, des nouvelles règles d'indemnisation du chômage des intermittents du spectacle et de l'audiovisuel – et surtout, des conditions d'accès à ce régime – n'a évidemment pas calmé l'inquiétude et la grogne des artistes et techniciens concernés, et au-delà, de l'ensemble des milieux culturels. Pis : l'application de ces nouvelles règles, ainsi pour la prise en considération des congés maternité ou dans le mode de calcul du nombre d'heures affectées à certains « cachets », témoigne de nouveaux coups de canif. Exemple édifiant de « solidarité gouvernementale » : dans ce dossier, le ministre de la Culture s'est abstenu de faire effectivement contre-poids aux exigences du Medef. Lors de la cérémonie des Césars, la comédienne et réalisatrice Agnès Jaoui l'a vertement rappelé à Jean-Jacques Aillagon : « Si vous avez persisté à dire que nous vous avons mal lu, vous, vous nous avez mal entendus ! ». Le ministre s'est tassé dans son fauteuil, avant de regretter, plus tard, une « manifestation politique »... Mais ici comme sur d'autres dossiers, Jean-Jacques Aillagon n'a su créer que de la « déception », comme le titrait récemment Libération.
L'affaire est pourtant loin d'être close, ne serait-ce qu'en vue des nouvelles négociations qui vont s'ouvrir dès 2004 au sein de l'Unedic. Un « comité de suivi » de la réforme, qui s'est mis en place à l'Assemblée nationale, regroupe des députés de toutes obédiences politiques, et les contre-propositions élaborées par les coordinations d'intermittents semblent y rencontrer davantage d'écho qu'au ministère de la Culture ! De son côté, le Syndeac a discrètement commencé à rencontrer des élus régionaux pour évaluer et chiffrer le coût d'une politique culturelle qui viserait effectivement à « encourager le travail artistique ». Une telle démarche risque d'être plus productive que la mission Latarjet pour un «débat national sur l'avenir du spectacle vivant », qui fait semblant de poursuivre ses travaux. Sur la question des intermittents, Bernard Latarjet a confié son sentiment au Bulletin de Hors-les-Murs : « il n'y aura pas d'avenir durable de ce régime s'il n'y a pas une réduction, d'une manière ou d'une autre, du champ des bénéficiaires. » Mais alors, quelle est la solution : l'extension du champ de la précarité (RMA, intérim, contrats de mission...) et la généralisation de « l'insécurité sociale » ?


Date de publication : 01/03/2004


Mots-clés : intermittence, réforme, chômage
Inséré le : 26/04/2004 00:00
Thèmes : politique générale, politiques culturelles,