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« Jeune public », la maturité revendiquée

Chapeau : Le théâtre adressé aux enfants est en train de sortir de la condescendance avec laquelle on le considérait autrefois. Et pour cause : des créateurs exigeants s'y affirment chaque jour davantage. Etat des lieux.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : analyse (Mots-clés : )

Genre Ressource : texte d'analyse

Apparence :

Rubrique : 27

Naly GERARD rédacteur

Texte : « Le théâtre jeune public n'existe pas, c'est soit du tout public soit du "vieux public !" » Cette phrase provocatrice de Christian Carrignon, cofondateur du Théâtre de Cuisine, ne manque pas de surprendre. Pourtant, nombreux sont ceux qui considèrent que parler de « théâtre pour enfants » n'est pas plus pertinent que d'évoquer un théâtre « pour ouvriers » ou « pour personnes âgées ». Depuis les années soixante-dix le vocabulaire a ainsi évolué, passant du « pour enfants » au « pour l'enfance », puis « à partir de tel âge ». Certains parlent désormais de « théâtre dès l'enfance » ou du « tout public ». Cette dernière appellation a le mérite de souligner que ces spectacles ne sont pas destinés à un groupe homogène. À travers un enfant spectateur, ce sont des parents ou des professionnels de l'enfance et de l'éducation qui sont concernés et qui, souvent, se retrouvent pour la première fois au théâtre.
Le théâtre étiqueté « jeune public » pâtit d'un mépris qui se traduit en termes financiers. Il existe bel et bien un théâtre infantile, médiocre et démagogique, qui lorgne vers l'animation plus que vers la création, le « syndrome Arbre de Noël » comme l'appelle Joël Simon, directeur du festival Méli'môme. Sur ce vaste marché marqué par une demande qui n'a jamais été aussi forte, le pire côtoie le meilleur. Le meilleur émane d'artistes qui ne considèrent plus comme mineur de s'adresser aux mineurs et défendent au contraire leur démarche comme un choix artistique et une nécessité politique.
Finies, les formes « enfantines » dans lesquelles on enferma le conte et la marionnette. Terminé, le théâtre pédagogique, légué par les jésuites. Dépassés, les spectacles didactiques des années cinquante qui distillaient leur couplet marxiste. Il y a eu, depuis, de précieuses expériences post-soixante-huitardes comme celles de Catherine Dasté qui imagina de co-créer des spectacles avec des enfants. Cependant, aujourd'hui la singularité de l'artiste a pris le dessus. Et si créer dans la catégorie « jeune public » va souvent de pair avec un certain engagement de la part des artistes, les œuvres témoignent surtout d'une vraie liberté.


Date de publication : 01/03/2004


Mots-clés : jeunes, public, renouveau
Inséré le : 27/04/2004 00:00
Thèmes : théâtre,