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Les Rendez-vous Cavaliers à l’honneur
Les Rendez-vous Cavaliers sont des randonnées spectaculaires sur les anciens cavaliers des mines, organisées dans le cadre de Lille 2004. En lien avec la population, chaque cavalier est confié à une ou plusieurs équipes artistiques pour détourner le quotidien de ses représentations habituelles.
Dans le cadre de Lille 2004, Culture Commune - Scène nationale du bassin minier du Pas-de Calais a mis en place depuis septembre 2003 une « recherche-action » avec les communautés d’agglomération de Lens-Liévin et d’ArtoisComm et dix communes du bassin minier du Pas-de-Calais : Les Rendez-vous Cavaliers.
Culture Commune confirme avec ce projet, sa démarche de solidarité avec les publics dits « les plus éloignés » du champ artistique. Les Rendez-vous Solidaires ont pour objectif de réhabiliter une culture commune autour de la mémoire ouvrière et de la parole des habitants. Ainsi des échanges sur le thème de l’art et de la mémoire ont-ils été organisés entre élus, professionnels, et population locale. Divers ateliers de formation artistique ont également été assurés en parallèle et en amont du travail de création mené par les artistes invités.
Les Rendez-vous Cavaliers sont des randonnées spectaculaires sur les anciens cavaliers des mines (chemins de fer par lesquels transitait le charbon vers les centres d’expédition). Chaque cavalier (trois en tout) est confié à une ou plusieurs équipes artistiques – le Prato, la compagnie Hendrick Van der Zee, KompleXKapharnaüM, le PHUN – pour détourner le quotidien de ses représentations habituelles et faire découvrir différemment le patrimoine historique minier.
Du 20 au 31 mai derniers, le Prato (Gilles Defacque) proposait une création Deûles d’Amour, mêlant théâtre, cabaret et cirque burlesque pour une traversée, à pied ou en péniche, reliant le bassin minier à la métropole lilloise.
A bord, trois comédiens trinquent au Vin de l’assassin de Baudelaire ou chavirent Le Bateau ivre de Rimbaud aux remous des aventures anti-héroïques d’Alvaro Mutis ou de clins d’œil à L’Atalante de Jean Vigo, voisins parfois incongrus des intrigues de série noire ou faits divers locaux, qui restituent avec un bémol clownesque le climat d’inquiétude associé d’ordinaire au Canal et à la désolation des paysages industriels.
Des « peaux rouges » surgissent sur les berges et disparaissent au fil de l’eau, répondent en pieds de nez au réel ou aux scènes données sur le tillac : une trapéziste, reine des anguilles et mère d’une kyrielle d’enfants, suspendue sensuelle sous un pont, une pin-up peroxydée poursuivie par un vélo fou, des hommes-parapluies grimpés en d’improbables équilibres – oiseaux d’étrange augure qui rappellent les figures solitaires de Folon – , une Joséphine Baker sur échasses trottant nue à grands pas récurrents dans les fantasmes de Simenon.
Un duo de cordes (Franck Cardon et William Schotte) fait office de mousses et flatte de mélancolie le silence de la Deûle.
A pied, des guides rescapés d’un tourisme d’après-guerre, nous découvrent le Cabaret-Vert grandeur nature – petite clairière qui accueille les éblouissements du jeune Rimbaud –, futur décor d’une scène de Grand Guignol dans la pure tradition de l’épouvante en pinces à linge. Des couples balisent d’insolites instantanés amoureux le chemin qui mène en fin de journée aux effluves musicaux de la guinguette, ultime escale de la déambulation.
Le souci des frontières (communales) que le projet entend estomper, s’évanouit de fait d’une rive imaginaire à l’autre.
Une journée de fête qui vaut aussi et surtout pour le temps et le plaisir du voyage partagé, une ballade aux accents d’enfance qui se joue de l’air libre. Le public (local) signe le succès de l’entreprise, venu toujours en nombre et ravi.
Fidèle à sa mission de soutien des jeunes talents, le Prato convoquait ici des artistes issus d’horizons divers tels les voltigeuses Céline Valette et Célia Guibert – qui croque les passagers et offre ses dessins en cadeau de départ –, toutes deux fraîchement sorties du Centre des arts du cirque de Lomme, Vincent Warin, virtuose du vélo acrobatique, ou l’excellente et plantureuse Stéphanie Petit, comédienne formée au clown et chanteuse de la compagnie des Astres.
Prochains Rendez-vous Cavaliers avec la compagnie Hendrick Van der Zee (Guy Alloucherie) et KompleXKapharnaüM (Stéphane Bonnard et Pierre Duforeau) pour La Tournée des Grands Ducs, une création-déambulation à la croisée du cirque, de la danse et du multimédia les 18, 19, 20, 25, 26 et 27 juin prochains, et le PHUN (Philippe Charby) avec Les Trous de mémoire, entre arts de la rue et arts plastiques pour un circuit symbolique, les 24, 25, 26 septembre et 1er, 2, et 3 octobre prochains.
Deûles d’amour de Gilles Defacque était présenté les 20, 21, 22, 23, 29, 30 et 31 mai 2004, en péniche, du quai Vicat à Pont-à-Vendin jusqu’à Don ; à pied, du quai Vicat à la gare d’eau de Pont-à-Vendin et de la gare d’eau de Pont-à-Vendin au marais de Meurchin.
Pour les prochains Rendez-vous Cavaliers, inscription obligatoire (gratuit) au : 03 21 14 25 55.
Cécile FAGGIANO,
Publié le 2004-06-10
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : compte-rendu
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Artiste(s) : Cécile FAGGIANO (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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