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Du cirque à la rue




Le festival Furies, rendez-vous des arts du cirque et des compagnies de rue a ouvert sa quinzième édition à Châlons-en-Champagne.


Arts cousins, le théâtre de rue et le cirque contemporain sont réunis le temps du festival Furies à Châlons-en-Champagne. L’occasion de découvrir combien ces deux disciplines se nourrissent mutuellement. De nombreuses créations sont au programme, à commencer par celle de la compagnie Off. Après nous avoir immergé il y a quatre ans dans un étourdissant Carmen, elle récidive dans le métissage du chant lyrique et des arts de la rue avec Va donner aux poissons une idée de ce qu’est l’eau. L’univers du cirque traditionnel a inspiré cet « opéra de crise », où un Monsieur Loyal en proie à des pulsions suicidaires joue sa vie comme un jeu de hasard : la scène circulaire est une roulette géante, les garçons de cirque sont des croupiers. Dans ce Traité obsessionnel sur le clown , l’enfer est peuplé d’Augustes à nez rouge. La figure clownesque est d’ailleurs très présente cette année. Le clown-jongleur Nikolaus, Buster Keaton mâtiné de Tati, forme un couple burlesque avec la mime et comédienne Ivika Meister dans Les Kunz, spectacle cabaret rythmé par le bandonéon et les manipulations sonores d’Olivier Manoury. Plus bouffon, l’explosif Ludor Citrik, lauréat de Jeune Talent Cirque en 2002, passe au gré de ses métamorphoses du clodo mal léché au sale gosse. Dans les rues, les clowns du Cirque en Kit ou des Studios de cirque de Marseille, lieu de fabrique animé par Pierrot Bidon, ancien d’Archaos, font leur cirque. L’espace public est aussi le cadre d’installations plastiques éphémères. Le surprenant Warner & Consorten, groupe néerlandais qui réunit sculpteurs, musiciens, acteurs et danseurs, improvise à partir des objets ordinaires les plus inattendus des machines en mouvement et des concerts mobiles. Avec Opus et son « musée fictif itinérant », les automates et les marionnettes ressuscitent la « Crèche à moteur », naïve nativité faite de bric et de broc. Plus monumental, le nouveau Manège d’aventures des Alama’s Givrés : après la Tourniquette tonkinoise et le Potemkine à Bascule, Pépé Baratin s’est inspiré de Cervantès pour inventer un dispositif qui sert de cadre aux aventures de Don Quichoutte et Fanjio Pancha. Jacques Livchine et son Théâtre de l’Unité, eux, glissent un grain de folie dans notre quotidien en nous donnant un rendez-vous coquin : dans une maison close très particulière on vient se faire susurrer des vers d’Apollinaire ou de Keats au creux de l’oreille. La poésie retrouve alors son sex-appeal...
Sous les chapiteaux, le corps des acrobates assume une fraternité avec la danse. Qu’il s’agisse de Tango Sumo avec sa pièce fondatrice, un trio masculin entre combat et apprivoisement, de Monica Casadei, qui mêle hip hop et acrobatie dans un hommage à Fellini, ou des voltigeurs de Feria Musica. La compagnie Que-Cir-Que explore les passions et les doutes d’un couple, avec des chansons en toile de fond. Partenaire du festival, le Centre national des arts du cirque présente un cabaret d’anciens étudiants, et des numéros des élèves frais émoulus de la quinzième promotion, regroupés dans le collectif Cheptel Aleïkoum.

Festival Furies, jusqu’au 12 juin, à Châlons-en-Champagne. Tél. : 03 26 65 73 55. www.festival-furies.com


Naly GERARD,
Publié le 2004-06-10

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : compte-rendu
Thème(s) : cirque, art de la rue,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Naly GERARD (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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