Si l'information ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Image et urbanité
Biennale de Sao Paulo
Jean-Luc Moulène et Anri Sala sont les deux représentants français de la 25e biennale d'art contemporain de Sao Paulo qui se déroule jusqu'au 2 juin.
La 25e biennale d'art contemporain de Sao Paulo s'inscrit sous l'égide des Iconographies Métropolitaines, thématique choisie par Alfons Hug, commissaire général de cette manifestation. Cette nouvelle édition regroupe des initiatives faisant référence tant à l'image de la métropole dans l'art contemporain qu'à l'impact de l'urbanité sur la création actuelle. Dans un tel contexte, Corinne Diserens, commissaire de la section française, a choisi comme représentants Anri Sala et Jean-Luc Moulène. Tous deux ont construit une réflexion sur la ville qui intègre les nouvelles formes de travail, de cohabitation et d'appropriation de l'espace.
Jean-Luc Moulène présente La vie, l'amour, la mort, une manière de questionner le rapport entre reproduction et original. Ici, trente photographies sont côte à côte sur les cimaises d'une salle ovale. Là, une pile de cent mille suppléments de la célèbre revue Valor présente ces mêmes images dans le même format mais disponible pour le public. Jean-Luc Moulène renvoie donc dos-à-dos l'aura de l'oeuvre accrochée et la dimension politique de l'oeuvre reproductible, désignant dans ce chiasme l'essence de la photographie telle du moins que Walter Benjamin a pu la définir. Jean-Luc Moulène ne souhaite donc pas mettre en concurrence ces deux types d'image mais désigne au contraire leur rapport étroit: cette «proposition est participative et non hiérarchisée, mais pour l'exécuter, il faut parler aux gens de la hiérarchie, afin de les convaincre et leur démontrer qu'il s'agit de quelque chose de rentable (. . .) Pour moi, les icônes ne sont pas des représentations sinon des moyens d'accès. Aujourd'hui, la publicité c'est l'icône du capital. Une bonne partie de l'information visuelle qui circule se comporte en icône des Etats Unis et du capital». A travers cette proposition, il s'agit donc pour l'artiste de déniaiser les images, de les référer à leur source, le capitalisme, et les machines du pouvoir qu'elles désignent ou qui les incluent.
Ce sont les constructions et les destructions d'idéologies qui sont au centre des trois vidéos présentées par l'artiste albanais vivant en France, Anri Sala. «Dans l'ensemble de ce projet, affirme Anri Sala, je m'intéresse à la transformation de l'idéologie, de système et à la répercussion de cette transformation sur l'espace urbain. Ce sont alors les aspects du quotidien, où se produisent des changements radicaux de valeurs, qui sont mis en évidence». Partant d'une expérience personnelle, celle de l'effondrement du régime communiste en Albanie, Anri Sala construit ainsi l'analogie entre les images de la propagande communiste et les images publicitaires capitalistes, renvoyant le tout aux rapports étroits qu'il existe en la vie de tout un chacun et le régime idéologique des images.
Publié le 2002-03-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : critique
Thème(s) : photographie,
Mot(s) Important(s) : idéologie, image, villes, urbanisme,
Artiste(s) : Anri SALA (directeur de structure), Jean-Luc MOULÈNE (directeur de structure),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
A voir : http://www.afaa.asso.fr