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Immersion/création
Les Stations de Claire Ingrid Cottanceau
Chapeau : Claire-Ingrid Cottanceau alterne immersion dans une ville et Stations de création. Car, après l'accumulation vient toujours le temps de la mise en suspend, ce moment propice aux tremblements du réel.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : chronique (Mots-clés : )
Genre Ressource : édito / chronique
Apparence :
Rubrique : Espace critique
Claire-Ingrid COTTANCEAU performeur
Frédéric KAHN rédacteur
Texte : Ne surtout pas chercher à appréhender le travail de Claire-Ingrid Cottanceau. Ne pas tenter de capturer une trajectoire sensible, mais se mettre en disponibilité pour agrandir son champ de réception. Le déplacement est à la fois infime et infini. Comme le processus de création d'ailleurs qui repose sur un concept extrêmement simple: «Une ville et un temps de vie long dans cette ville». Donc, en juin 2001, Claire-Ingrid Cottanceau débarque, pour un an, à Marseille, dans une nouvelle «maison»: le Théâtre des Bernardines. Elle commence alors ses va-et-vient dans la cité. Elle institue des «champs d'observation» autour de son équipe artistique et/ou avec des «gens de la ville». «J'ai convoqué différents types d'expériences dans le fragment de cette ville et par le biais de rencontres avec des gens. C'est toujours quelque chose qui est en mouvement et qui se déplace». Des temps d'immersions ponctués par trois Stations au cours desquels elle présente, dans un espace à chaque fois différent, un état des lieux du travail en cours. Jusqu'à la création, présentée au Théâtre des Bernardines, du 21 mai au 6 juin, qui n'est donc pas à proprement parler la fin du processus, mais, plutôt, une quatrième station, «la suite du même sujet». Le spectacle avait déjà commencé bien avant le soir de la première. Le terme spectacle étant d'ailleurs particulièrement mal adapté à la situation. Le public (le «regardant») est d'abord livré à lui-même. Il déambule librement sur le plateau, se confronte à un espace plastique et sonore, des brides d'histoires forcément inachevées, des esquisses de fictions, des traces et des séquences qui misent bout à bout dessinent sans doute un autoportrait qu'il serait vain de vouloir reconstituer. Les correspondances sont certaines, mais au sens Baudelairien du terme: «Des couches innombrables d'idées, d'images, de sentiments sont tombées successivement sur votre cerveau aussi doucement que la lumière. Il a semblé que chacune ensevelissait la précédente, mais aucune en réalité n'a péri». Puis deux «actants» (Claire-Ingrid Cottanceau et Nicolas Boyer) mettent leur corps et leur voix en jeu et nous entraînent «au seuil d'une fiction». Juste le seuil: entre la matière du monde et l'illusion qu'elle génère sans cesse. Donc, le mouvement ne doit pas provoquer de l'éloignement, mais, au contraire, révéler ce qui demeure. Comme l'a noté Duras, avec une simplicité et une justesse effarante, dans l'une des dernières phrases de son dernier livre (
La Mer): «Que pourrait-on montrer d'autre que ce que l'on voit? Ce qui est simplement vrai et qui échappe à l'homme».
Nous sommes alors libre de construire notre propre histoire. Chacun ses clés. La porte est ouverte. «Station est un lieu de réception pour l'intimement de chacun.»
Station, n.f. - lat. statio de stare, se tenir debout. ou la suite du même sujet, projet de Claire-Ingrid Cottanceau G. a été présenté du 21 mai au 6 juin, au Théâtre des Bernardines, à Marseille.
Prochaines Stations: au Théâtre de l'Arpenteur, Rennes, octobre 2002; au Théâtre national Dijon Bourgogne, 2003.
Date de publication : 01/01/2001
Mots-clés : villes, création
Inséré le : 28/05/2002 00:00
Thèmes : arts plastiques, danse,