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Les Mots de Paris
"Le social pousse l'art au cul" selon Jochen Gerz
Pour Jochen Gerz, la parole de l'art ne se joue pas seulement dans les cadres institués, pour les connaisseurs. Sur le parvis de Notre-Dame, il s'adresse au SDF.
En août 2000, à Paris, sur le très touristique parvis de Notre-Dame, Jochen Gerz a choisi de créer une oeuvre en forme de lieu d'échange et de don que feront vivre trois mois durant des SDF recrutés et salariés depuis février 2000 via l'association Aux Captifs, La Libération; formés pour apprendre à parler d'eux, de leur vie, aux passants et flâneurs, pour faire de la quête une activité professionnelle à part entière, pour parler de cette oeuvre dont l'objet principal est bien l'intégration puisqu'ils en font partie. Jochen Gerz a choisi de redonner visage et parole, présence et place aux étrangers et autres exclus de ce qu'il appelle la tour d'ivoire de l'art: «Il s'agit de mettre l'art contemporain au service de ceux qui l'ignorent, de le sortir de l'appareil culturel, et de le mettre au service de ce qui se trouve marginalisé du fait qu'il y a de plus en plus de lieux et d'institutions officielles pour l'imagination (expositions, musées, manifestations culturelles).» Une démarche qu'il avait condensée comme suit en 1997, dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie d'Arles: Aujourd'hui, ce n'est plus l'art qui «pousse la société au cul», mais l'art que le social «pousse au cul.»
Karine Vonna
Karine VONNA,
Publié le 2000-07-01
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : critique
Thème(s) : installation,
Mot(s) Important(s) : social, décloisonnement, art, action, SDF, échange, interaction,
Artiste(s) : Jochen GERZ (plasticien), Karine VONNA (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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