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Réunir l'instinct formel et l'instinct sensible


«Ces poussières»



Chorégraphe de l'intranquilité, les pièces de Catherine Diverrès ont le parfum entêtant d'une noirceur rebelle: entretien avec Irène Filiberti sur Ces poussières, pièce créée en 1993.


Treize années séparent la création de Ces Poussières du duo fondateur du Studio DM, Instance, que tu danses avec Bernardo Montet. Vous venez d'effectuer une tournée d'Instance dans plusieurs pays d'Europe de l'Est, juste avant de présenter Ces Poussières au Théâtre de la Ville. L'état de danse qui prévalait dans Instance s'est élargi à un travail de compagnie, à des composantes «dramaturgiques» qui caractérisent désormais ta démarche chorégraphique.
Catherine Diverres: Instance parle de forces métaphysiques, traite du masculin et du féminin. Ce n'est pas le couple seulement, mais l'abstraction des pôles négatif-positif qui rejoint une danse sophistiquée. Cette fusion-là est rare. Elle est la complexité de deux individus qui se connaissent parfaitement. Jamais je n'aurai pu créer Instance sans Bernardo Montet Et l'oeuvre en soi n'est pas transposable. Elle a pour seule raison nous-mêmes. Ce qui rend cette pièce unique n'est pas seulement une question de forme, mais son esprit fondateur, qui résulte d'un chemin que nous avons traversé.
Dans Instance, nous sommes submergés par la puissance de la danse pure. Aujourd'hui, c'est quelque chose que je mets en abîme avec le sens, avec les idées.

L'ouverture à d'autres interprètes a t-elle modifié la qualité de la danse?
Je m'interroge sur une certaine impossibilité à transmettre. Est-ce qu'un répertoire est possible? Instance ne concerne que deux personnes. Pour les autres pièces, s'il existe un noyau de six danseurs anciens, en introduisant un ou deux interprètes nouveaux, je peux reprendre telle ou telle pièce. Si cet équilibre relatif à la période de création ne subsiste pas, cela devient impossible.
Les pièces sont des tranches de vie qui correspondent à certains interprètes. Même s'il existe, le désir de durée est une demande absurde envers la danse. C'est la grande différence entre le classique et les oeuvres d'auteur où le processus de création est aussi important que la finalité. Et cette seconde situation est instable parce quelle est détachée du jeu de maîtrise.

Irène FILIBERTI,

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : entretien
Thème(s) : danse,
Mot(s) Important(s) : couple, relation, enfance, chorégraphie,
Artiste(s) : Catherine DIVERRES (chorégraphe), Irène FILIBERTI (rédacteur), Bernardo MONTET (chorégraphe),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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