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Questions de territoire

Films et rencontres à Valence.

Chapeau : Avec la complicité intellectuelle de l’essayiste Patrick Leboutte, la scène nationale de Valence donne à voir le territoire comme « art de la relation ». Films, exposition et rencontres, du 1er au 10 avril.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : 2005

du 01/04/2005 00:00 au 10/04/2005 00:00
Salle : CRAC, scène nationale de Valence
36, bd du Général de Gaulle
04 75 82 44 10
Valence France (Sud-Est)




Texte : Sortir le territoire de sa logique territoriale. Patrick Leboutte, essayiste et critique, enseignant de cinéma à l’INSAS de Bruxelles, invite à une telle ouverture à l’occasion des rencontres organisées par le Crac, scène nationale de Valence, sous le titre fortement incitatif de « Territoires partagés ».
« Pas de territoire, de quelque nature qu’il soit », écrit Patrick Laboutte, « sans frontières, délimitations, balises, signes tangibles de reconnaissance destinés à renforcer la conscience d’une commune appartenance. Autrement dit, si le territoire est ce qui soude et réunit, il est aussi par définition ce qui divise et sépare ; en être ou pas, dehors ou dedans, inclusion ou exclusion : ces questions lui sont congénitales ». Et paradoxalement, à une époque où la globalisation tend à disloquer les anciennes entités territoriales géographiques ou symboliques, voici resurgir l’aspiration identitaire à de « micro-mondes » protégés. « Echapper à cette alternative », poursuit Patrick Laboutte, « revient à penser la question du territoire autrement qu’en termes de séparation ou de glissement de l’identité vers l’identique. C’est au contraire l’envisager sous l’angle de la coexistence, du croisement et de l’échange : ce qui circule entre les singularités, ce qui se transforme dans la rencontre (…) Autrement dit, penser le territoire comme promesse d’espaces communs, toujours à construire et forcément mouvants, lieux des uns et des autres librement associés. Oser ainsi une pensée du voisinage, avec le proche, avec le lointain, avec l’ici, avec l’ailleurs, simultanément : du territoire considéré comme art de la relation ».
Autour d’une programmation pluridisciplinaire, où se croiseront réalisateurs, philosophes, ethnologues, etc., la troisième édition de « Changer son matin » répond à de tels enjeux. Françoise Schein, fondatrice de l’association INSCRIRE qui affirme la notion de Droits Humains dans le champ artistique et social expose (jusqu’au 9 mai) ses Territoires cariocas réalisés dans les favelas brésiliennes. Le cinéaste italien Vittorio de Seta filme, sur les terres arides de l’Italie du sud, les gestes et les corps en relation intime avec le territoire qui les fait vivre (les 1er et 3 avril). Les cinéastes Michel Khleifi et Eyal Sivan, auteurs de Route 181, fragments d’un voyage en Palestine-Israël, partagent une soirée avec Claudio Pazienzia qui, dans Tableau avec chutes, déplace les frontières internes à la Belgique (le 2 avril). Un hommage est rendu à Robert Kramer, avec son film testamentaire, Cités de la plaine (le 3 avril), tandis que Nicolas Klotz présente La Blessure, qui évoque les zones de non-droit qui prospèrent au sein de la forteresse Europe (le 4 avril). Avec Mariata Abdallah et Gaëlle Vu, réalisatrices de La Maison de Mariata, et Philippe Simon et Johan Van den Eynde, le cinéma voyage respectivement aux Comores et en Papouasie (les 5 et 6 avril). Le cinéaste chinois Wang Bing évoque pour sa part, avec A l’ouest des rails, tout un territoire urbain promis à la casse (le 10 avril). Documentariste-arpenteur, Denis Gheerbrant promène sa caméra de Marseille à Charleroi, à travers des banlieues du bout du monde (Et la vie) ou encore dans le Rwanda d’après le génocide (le 7 avril), tandis que Jean-Louis Comolli et Michel Samson tiennent la chronique de la scène politique marseillaise, filmée de 1989 à 2001 (le 8 avril). Aux côtés de Sandra Alvarez de Toledo, Marie José Mondzain, Alban Bensa et Jean-Pierre Daniel, Jean-Louis Comolli participe à un colloque sur « L’en-commun : territoires partagés », le samedi 9 avril. On pourra y retrouver, en contrepoint, Le Moindre Geste, film-culte de Fernand Deligny, qui suit la fugue à travers les Cévennes de deux adolescents évadés d’un asile : le territoire est-il ce qui s’éprouve, chemin faisant, dans le pas même de la fugue ?

Territoires partagés, exposition, films, rencontres, au Crac / scène nationale de Valence, du 1er au 10 avril. Tél : 04 75 82 44 10. www.crac.asso.fr


Date de publication : 31/03/2005


Inséré le : 31/03/2005 00:00