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Fassbinder, plus fort que la mort

Chapeau : Parutions de livres, éditions en DVD, reprises en salle, de Paris à Dijon, viennent ces jours-ci rendre hommage R. W. Fassbinder. Au Centre Pompidou, en particulier, une vaste rétrospective permet de réaliser combien ce cinéma n'a rien perdu de son actualité brûlante, de sa puissance sidérante.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : 2005

David SANSON rédacteur
Rainer Werner FASSBINDER cinéaste

du 20/05/2005 00:00 au 26/05/2005 00:00
Dijon France (Est)



Texte : Mort brutalement une nuit de juin 1982, Rainier Werner Fassbinder aurait eu 60 ans en 2005. En 37 années d'une existence vertigineuse, il a eu le temps de signer une œuvre qui suffirait à remplir plusieurs vies : une quarantaine de films tournés entre 1969 et 1982, sans compter les pièces de théâtre et les 15 heures de Berlin Alexanderplatz, adaptation pour la télévision du chef-d'œuvre d'Alfred Döblin. De la vie sulfureuse, frénétique et boulimique qui fut la sienne, le roman Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl offre notamment un aperçu saisissant. De cette œuvre foisonnante, le Centre Pompidou propose une rétrospective intégrale jusqu'au 6 juin, accompagnée d'une exposition et d'un colloque. Une occasion unique d'aller voir ou revoir ces films qui sont autant de pierres brûlantes jetées au visage de la société d'après-guerre, et d'un art cinématographique que Fassbinder, au même titre que Pasolini, a marqué d'une empreinte singulière et indélébile. Qu'ils aient été tournés en quelques semaines ou qu'ils aient bénéficié d'un budget hollywoodien, les films de Fassbinder ne cessent de déranger et de fasciner, toujours profondément ancrés dans le réel, et en même temps toujours un peu à côté. Ils glacent autant qu'ils bouleversent, dérangent autant qu'ils hypnotisent. Il faut voir Fassbinder ausculter les travers les plus sordides de la société allemande de son temps (Tous les autres s'appellent Ali, l'un des plus « beaux » films sur le racisme qui soient), retracer l'histoire de son pays à coup de vastes fresques (Lili Marleen, ou l'ascension d'une pop star sous le IIIe Reich ; Le mariage de Maria Braun, la vie d'une femme parmi les décombres), ou encore adapter les grands écrivains de l'ambiguïté (Querelle, d'après Genet, La méprise, d'après Nabokov). Pour prendre la mesure de ce génie démesuré dont le cœur semble avoir battu au rythme de 24 images par seconde.
Signalons qu'en marge de la rétrospective à Beaubourg, 8 films ressortent dans les salles de cinéma, et que Carlotta Films publie deux coffrets de DVD, reprenant notamment sa fameuse « Trilogie allemande ». Signalons également que cette « trilogie » sera à l'affiche du Cinéma Eldorado de Dijon, dans le cadre du cycle « 50 ans de théâtre au ciné » proposé avec le Théâtre Dijon-Bourgogne, entre les 20 et 26 mai.

Rétropective Fassbinder du 13 avril au 6 juin, à Paris, Centre Pompidou. Tél. 01 44 78 12 33–www.centrepompidou.fr


Date de publication : 14/04/2005


Inséré le : 12/04/2005 00:00