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Chapeau : Sous le titre
All cut up, la sud africaine Candice Breitz expose au Palais de Tokyo deux oeuvres vidéos dans lesquelles elle se réapproprie radicalement des échantillons représentatifs de la culture populaire.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : 2005
Candice BREITZ vidéaste
David SANSON rédacteur
du 14/04/2005 00:00 au 12/06/2005 00:00
Salle : Palais de Tokyo
13, avenue du Président Wilson
01 47 23 36 86
Paris 75016 France (Ile-de-France)
Texte : Avec l'exposition qu'il consacre à Candice Breitz, originaire de Johannesburg, le Palais de Tokyo complète son panorama de la scène artistique du continent africain, après avoir accueilli Pascal Marthine Tayou, Kay Hassan, Kendell Geers ou, récemment, Barthélémy Toguo. Le travail de Candice Breitz est toutefois plus symptomatique d'une époque, d'une génération, que d'un lieu. Dans ses vidéos, l'artiste réactive ces puissants vecteurs d'uniformisation culturelle que sont les vedettes des séries télévisées, les stars du cinéma hollywoodien ou les chanteurs préfabriqués façon MTV – après avoir dans ses premiers collages travaillé à partir de l'esthétique publicitaire. Le titre de l'exposition que propose le Palais de Tokyo,
All cut up, référence au travail de démontage/remontage de Brion Gysin et William Burroughs, résume bien la démarche de Candice Breitz, qui s'attache à copier/coller les codes de la culture de masse pour mieux les déjouer, les décrypter, et proposer ainsi ce qu'elle nomme une
« lingua franca » compréhensible par tous. Cette exposition personnelle se compose de deux œuvres vidéo. La première,
Diorama, diffusée sur des écrans de télévision dans un salon reconstitué, a été réalisée, lors d'une résidence à l'ArtPace Foundation au Texas, à partir d'extraits du plus fameux des
soaps : la série télévisé
Dallas. En en prélevant et en juxtaposant les traits les plus convenus, la Sud-Africaine y impose une nouvelle « narration », faisant saillir l'étrangeté des images les plus anodines. C'est un même processus d'interprétation critique qui est à l'œuvre dans
Soliloquy Trilogy, diffusée, elle, sur l'écran géant d'une véritable salle de projection : c'est içi le cinéma que Breitz prend pour cible et pour matière première, à travers trois de ses figures/stars emblématiques d'aujourd'hui, Sharon Stone, Clint Eastwood et Jack Nicholson. Là encore, il s'agit de déconstruire les images, de déstructurer le récit, d'isoler les personnages pour induire, au moyen de boucles, une nouvelle perception par le spectateur de ce langage quotidien. Chez Candice Breitz, l'art est bien la mise en scène du réel – ou de l'irréel. Pour Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans,
« de tous les artistes de cette génération qui pratiquent la postproduction, le piratage et le sampling, Candice Breitz est certainement la plus incisive et la plus brutale ». Notons que pendant la durée de l'exposition, la vidéaste accompagnera un workshop avec les artistes du Pavillon, qui donnera lieu à une exposition collective.
Candice Breitz, All cut up, exposition à Paris, Palais de Tokyo jusqu'au 12 juin, Tél. 01 47 23 54 01 –www.palaisdetokyo.com
Date de publication : 14/04/2005
Inséré le : 12/04/2005 00:00
Thèmes : arts plastiques,