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En mai, tout ce qui nous plaît

Chapeau : En accueillant successivement les Berlinois de Tarwater et les pionniers américains Michael Gira, puis David Grubbs, le Café de la Danse, à Paris, termine sa saison en fanfare. Trois concerts, célébrant sous toutes ses facettes le plaisir de jouer de la musique ensemble, à ne pas rater.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : 2005

David SANSON rédacteur
Michael GIRA musicien
David GRUBBS musicien
TARWATER groupe de musique

du 24/05/2005 00:00 au 10/06/2005 00:00
Salle : Café de la Danse
5 passage Louis Philippe
01 40 21 70 70
Métro Bastille
Paris France (Ile-de-France)




Texte : Après avoir accueilli, trois soirées durant, le festival bruxellois des Nuits Botaniques (avec notamment, ce vendredi 12 mai, le brillant songwriter Vic Chesnut, le Français Davide Balula et les Belges de Major Deluxe), le Café de la Danse, à Paris, poursuit le mois de mai sous le signe de l’excellence, avec trois concerts présentant des musiciens aguerris qui sont également des modèles d’intégrité et d’exigence artistiques.
Les « réjouissances » commenceront le 24 avec la venue du duo berlinois Tarwater, sur la lancée de leur magnifique nouvel album, The needle was traveling. Au sujet de celui-ci, nous écrivions ici même, il y a quelques semaines, qu’il « réussit l’exploit de rendre l’électro-pop intemporelle ». On pourrait ajouter également : « humaine ». Car outre l’envoûtante et poétique alchimie produite par le mariage entre des textes délicatement surréalistes et des sons qui, bien que générés par maintes machines, parviennent toujours à donner une impression de fragilité et de chaleur organiques, on aime chez Tarwater la manière dont sa musique épouse les états d’âmes de ses créateurs. Ainsi, sur scène, Ronald Lippok (chant, machines) et Bernd Jestram (basse, machines) maîtrisent suffisamment bien leur propos et leurs instruments pour se ménager une marge de manœuvre qui leur permet d’improviser en fonction de leur état d’esprit du moment et des réactions du public, de donner à leurs prestations une direction plutôt dansante et dynamique ou, au contraire, ouatée et mélancolique. Réarrangés d’une manière aussi riche, libre et ouverte, leurs morceaux prennent ainsi de nouveaux reliefs, accentués par le charisme « en creux » des deux musiciens. Lors de sa précédente tournée, Tarwater était accompagné du VJ Lillevän, membre de Rechenzentrum, dont les projections vidéo mixées en temps réel renforçaient l’effet de fascination et d’hypnose produit par sa musique. On ignore si celui-ci sera de la partie, mais on sait en tout cas que le concert de ces poètes électroniques, musiciens affûtés par près de vingt années de musique en commun, sera intense et émouvant, à mille lieux de la froideur que d’aucuns associent encore à la musique électronique. En première partie, on pourra entendre une autre poète de la matière électronique, la Française Anne Laplantine.
Trois jours plus tard, il ne faudra pas manquer non plus le concert exceptionnel donné par Michael Gira, qui, avec son groupe Swans jadis (dont – par un joli hasard – Tarwater reprenait d’ailleurs, sur son précédent album, le morceau Miracle of love), et aujourd’hui en solo ou avec ses Angels of Light, a écrit quelques-unes des pages les plus éblouissantes du rock américain (voir à ce sujet son portrait dans le numéro de Mouvement actuellement en kiosque). De la violence radicale de ses débuts, Michael Gira, devenu aujourd’hui une sorte de Leonard Cohen de l’underground new-yorkais, a gardé l’essentiel : une tension, une urgence, une puissance cathartique qui irriguent chacune de ses prestations, même lorsqu’il se produit seul avec une guitare acoustique. Au Café de la Danse, celui qui a révélé notamment le jeune prodige Devendra Banhart sera accompagné de la dernière découverte en date de son label Young God Records : les New-Yorkais de Akron/Family, dont le premier album, par sa musicalité ébouriffante et par l’étendue de sa palette sonore, les rapproche de certains groupes du label Constellation, tels que Silver Mt. Zion ou Godspeed You! Black Emperor. Akron/Family jouera en première partie de Gira, puis tiendra lieu à celui-ci de « backing band » sous le nom de Angels of Light. Parce que les musiciens de la trempe de Michael Gira sont une denrée de plus en plus rare, parce que ses passages en Europe sont aussi parcimonieux que mémorables, il ne faut rater sous aucun prétexte ce concert qui s’annonce à la démesure de cette légende vivante.
Enfin, le 10 juin, ce sera autour d’une autre légende américaine de débarquer sur cette même scène : David Grubbs, musicien protéiforme et hyperactif, n’a guère d’équivalent sur la scène musique actuelle, si ce n’est peut-être Jim O’Rourke. Par la multiplicité des projets musicaux dans lesquels il s’est engagé (citons Gastr. Del Sol, Red Crayola, Tortoise…), par l’éclectisme et l’exigence de son label Blue Chopsticks (qui publie aussi bien ses propres travaux que la musique de Luc Ferrari, Derek Bailey, Noël Akchoté…), la démarche de David Grubbs excède largement le cadre de la musique (post-)rock. En première partie, on se délectera en outre des délicates miniatures électroniques de la Française Colleen.

TARWATER + ANNE LAPLANTINE, le 24 mai -
MICHAEL GIRA’S ANGELS OF LIGHT + AKRON/FAMILY, le 27 mai et
DAVID GRUBBS + COLLEEN le 10 juin au Café de la Danse à Paris – Tél. : 01 47 00 57 59 - www.cafedeladanse.com



Date de publication : 12/05/2005


Inséré le : 27/04/2005 00:00
Thèmes : musique,