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Quand l’art du corps s’extériorise

Lignes de Fuite, à Saint-Quentin-en-Yvelines.

Chapeau : La danse est un ferment d’hybridation des arts. Lignes de Fuite, « temps fort » de la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines, accompagne ce mouvement et s’évade de l’espace même du théâtre. A Saint-Quentin-en-Yvelines, du 3 au 11 juin.

Source : Les éditions du mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève (Mots-clés : )

Genre Ressource : brève / notice

Apparence :

Rubrique : 2005

Jean-Marc ADOLPHE rédacteur

du 03/06/2005 00:00 au 11/06/2005 00:00
Saint-Quentin en Yvelines 78180 France (Ile-de-France)



Texte : Entre le cours habituel des programmations et le « festival » dûment labellisé, le « temps fort » fait vivre un entre-deux, et ce n’est pas toujours un pis-aller. La Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines a ainsi initié l’an dernier une manifestation intitulée « Lignes de Fuite ». Alors que les programmations restent encore cataloguées par genre (théâtre, danse, musique, etc.), il s’agissait d’ouvrir une fenêtre –que l’on pourrait dire, à Mouvement, « indisciplinaire »-, sur la notion de métissage et d’hybridation des arts. Une telle dynamique reste à l’œuvre pour la seconde édition de ce temps-fort, mais ces nouvelles Lignes de Fuite s’évadent en partie de l’espace même du théâtre. Afin de faire écho à la fête du Musée de la Ville de Saint-Quentin et à la thématique des « Parcs et Jardins » qui l’anime, beaucoup des propositions adressées au public le seront dans l’espace public. On pourra ainsi retrouver les Impromptus déambulatoires d’un lutin aixois, Bernard Menaut, qui n’a pas son pareil pour immiscer sa danse, accompagnée de musiciens, dans des situations du quotidien urbain. Les étudiants de l’école d’architecture de Versailles ont pour leur part imaginé avec la chorégraphe Marion Ballester un défilé de sculptures mouvantes, « drôles de machines, irréelles et fascinantes ». Marion Ballester, décidément sur plusieurs fronts, participe également à une performance, Instants Mobiles, avec le graphiste Malte Martin qui a conçu d’étranges lettres-objets sonorisées et posées sur des tiges métalliques, et qui a d’autre part composé avec des lycéens de Montigny-le-Bretonneux un véritable jardin de signes (exposition, du 31 mai au 12 juin). Olivia Grandville, dont la compagnie de danse est en résidence à la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines, restitue dans les jardins du parc de Montigny-le-Bretonneux / Guyoncourt, un travail mené à l’Ecole Nationale du Paysage de Versailles : Ozland s’annonce comme une « partition dansée, visuelle et sonore, où se tissent, le temps d’un voyage, d’étranges liens entre le jardin et celui qui l’accueille ».
Tout en s’aventurant au « dehors », Lignes de Fuite ne renonce cependant pas au « dedans ». Sur le plateau du théâtre, on pourra suivre le Jardin, de la Compagnie Peeping Tom, qui bouscule les frontières de l’espace privé et de l’espace public ; les solos exubérants de Mark Tompkins en hommage à quatre figures légendaires du monde de la danse ; et le premier spectacle d’Herman Diephuis, D’après J.C : cette pièce, qui porte un regard subtil et décalé sur le langage du corps et la beauté du geste à partir de l’iconographie religieuse de la Renaissance, sera également présentée au Musée national de Port Royal des Champs. Le jongleur Vincent Berthault, lui, s’associe au percussionniste François Merville pour créer un univers où les objets sont burlesquement détournés de leur fonction première. Enfin, Johanne Saunier, qui a longtemps travaillé comme interprète auprès d’Anne Teresa De Keersmaeker, signe une installation / performance où présence réelle et image virtuelle s’entremêlent et se répondent. Lignes de Fuite cultive décidément l’art de brouiller les frontières.

Lignes de Fuite, à Saint-Quentin-en-Yvelines, du 3 au 5 juin, et les 10 et 11 juin. Tél : 01 30 96 99 00. - www.theatresqy.org


Date de publication : 26/05/2005


Inséré le : 27/04/2005 00:00