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Le théâtre, pour un autre monde
"Essaim" de Toni Negri.
Chapeau : Au Théâtre de la Colline, le philosophe Toni Negri conclut la saison en beauté autant qu’en force. Avec
Essaim, « théâtre de l’indignation et de l’espoir » mis en scène par Barbara Nicolier et interprété par Evelyne Didi, il transforme la scène en forum.
Source : Les éditions du mouvement (
http://www.mouvement.net)
Genre : brève (Mots-clés : )
Genre Ressource : brève / notice
Apparence :
Rubrique : 2005
David SANSON rédacteur
Evelyne DIDI comédien
Toni NEGRI philosophe
Barbara NICOLIER Metteur en scène
du 03/06/2005 00:00 au 25/06/2005 00:00
Salle : Théâtre de la Colline
15, rue Malte-Brun
01 44 62 52 52
Paris 75020 France (Ile-de-France)
Texte : A soixante-dix ans révolus, l’Italien Toni Negri, chez qui la réflexion philosophique et l’activité d’enseignement se sont toujours accompagnées d’un activisme politique, est l’un des penseurs les plus stimulants de l’altermondialisme. C’est une raison parmi d’autres pour lire ses livres (et notamment
L’Empire, cosigné avec Michal Hardt), mais surtout pour se ruer à la mise en scène d’
Essaim que propose, au Théâtre de la Colline, Barbara Nicolier, avec la comédienne Evelyne Didi. Barbara Nicolier avec déjà signé en 2002, à la Colline, la mise en scène d’
Avanti !, spectacle regroupant des textes de Negri, Pasolini et Antonio Gramsci : c’est suite à celui-ci, et à l’enthousiasme qu’il a stimulé chez le philosophe, que s’est amorcé avec Toni Negri un travail qui a donné lieu à cet
Essaim, texte écrit pour la scène – un travail que Negri qualifie lui-même de « surhumain » :
« Ecrire pour le théâtre, cela signifie courir sans cesse de la scène à la réalité… et de la réalité à la scène… Comment faire quand il n’y a plus de ponts ni de transcendances, de mythes ni d’idéologies pour permettre le passage de l’une à l’autre ? Comment faire des fouilles dans l’espoir de retrouver quelque chose, si l’on ne sait pas s’il y a effectivement quelque chose ? Comment inventer un discours qui s’adresse à des interlocuteurs, tout en sachant que seuls ces interlocuteurs-là sont capables de l’inventer ? Écrire pour le théâtre est un travail surhumain. »Avec ce texte, il s’agit pour Negri de contribuer à construire
« un grand théâtre : un théâtre de l’indignation et de l’espoir ». Essaim retrace ainsi, en douze séquences aux titres éloquents – de l’ « Indignation » et la « Haine » à la « Métamorphose » et à l’« Exode » –, le parcours contemporain de l’homme dans la cité, son lent cheminement de l’inaction vers l’engagement, de l’indignation, donc, à l’espoir. Transformant la scène en forum,
Essaim engage son auteur – sans vouloir remonter jusqu’à l’Antiquité – sur les traces de Brecht et de Müller, plaçant le spectateur face à ses propres hésitations. En se risquant dans le monde du théâtre, Negri semble avoir trouvé un nouveau moyen de donner corps à ses idées, de repenser le monde, mais surtout de prôner cet
« en commun » essentiel qui est, selon lui, le propre de l’amour :
« Je crois que l'amour est une clef essentielle pour transformer le propre en commun. » Un spectacle, à tous les sens du terme, salutaire.
Essaim, de Toni Negri, ms. Barbara Nicolier. Du 3 au 25 juin à Paris, Théâtre de la Colline. Tél. 01 44 62 52 52 – www.colline.fr
Date de publication : 26/05/2005
Inséré le : 10/05/2005 00:00
Thèmes : théâtre,