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Pour en finir avec la mort de l'art


«Adieu à l'esthétique» de Jean-Marie Schaeffer, «L'art contemporain et la clôture de l'histoire» d'Arthur Danto et «Le partage du sensible» de Jacques Rancière



La question de l'art réinvestit aujourd'hui le champ anthropologique et politique d'une approche globale du sensible. Avec trois textes des philosophes Schaeffer, Danto et Rancière, esquisse d'un nouveau terrain de pertinence.


Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, la philosophie fut le théâtre d'une singulière dramaturgie. Pour la première fois dans l'histoire de la pensée occidentale, la réflexion spéculative sur l'art faisait recette. Certains proclamaient l'anathème de l'art contemporain: «l'art véritable» était mort avec Duchamp, tout le reste était escroqueries, ne méritait même pas d'être critiqué. D'autres, moins emphatiques, cherchaient des critères adaptés aux manifestations contemporaines de l'art: il fallait les justifier comme si leur existence n'était pas leur propre justification. Ces querelles d'écoles servirent souvent des intérêts étrangers aux problèmes esthétiques. Entre cabotins et bons apôtres, les publications sur «la question de l'art» fleurirent. Mais, bien au-delà des enjeux éditoriaux, un nouvel ordre de l'art s'inaugurait.
La philosophie se donnait en spectacle. Par la mise en scène de la mort de l'art, elle devenait dramatique. Ce tribunal aux délibérations médiatisées était fantoche: l'art était mort, l'art vit. N'était-ce pas l'idée même de la mort de l'art qui était condamnée et avec elle la tradition de cette pensée? C'est en cherchant dans les creux de cette question que parviennent à être posées les problématiques concernant certes la restructuration du monde de l'art (le rôle des musées, la politique culturelle, le statut de l'artiste, son engagement politique, la fonction et la place de l'art..), mais aussi de sa pensée et plus largement encore de notre rapport au sensible, de son approche rationnelle.
Trois textes publiés au printemps dernier en France permettent de cerner les linéaments de cette problématique. Adieu à l'esthétique de Jean-Marie Schaeffer, L'art contemporain et la clôture de l'histoire d'Arthur Danto et Le partage du sensible de Jacques Rancière, permettent de poser les termes d'un questionnement incontournable.

Léa GAUTHIER,
Publié le 2000-10-01

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : critique
Thème(s) : esthétique, philosophie,
Mot(s) Important(s) : art, mort, pratique, anthropologie,
Artiste(s) : Léa GAUTHIER (rédacteur), Jean Marie SCHAEFFER (philosophe), Arthur DANTO (philosophe), Jacques RANCIERE (philosophe),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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