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Echanges, brassages et confrontations


Le 34e Festival d’Automne à Paris



Avec le retour de tg STAN, l’exposition de Michal Rovner au Jeu de Paume, le "ciné-concert" de Gerome Nox à l'Auditorium du Louvre…
Jusqu'au 25 décembre 2005


« Presque tout, à Paris, me paraissait sombrer dans la suffisance, la médiocrité, le chauvinisme. […] Pour échapper à ce climat plutôt accablant, je voyageais. Beaucoup – une véritable boulimie de voyages, en tous sens. C’est à New York, vers 1960, que j’ai fait mes premières armes. »* L’histoire est connue : en créant le Festival d’Automne en 1972, Michel Guy a importé cette filière américaine qui avait pour noms Robert Wilson, Merce Cunningham, Trisha Brown, Lucinda Childs, Richard Foreman, Robert Ashley, John Cage, Philip Glass, Meredith Monk, etc. Faute d’un renouvellement générationnel, le rêve new-yorkais s’est quelque peu tari, et cela fait quelques années que le Festival d’Automne, sous la direction d’Alain Crombecque, Marie Collin et Joséphine Markovits, en a pris acte. Des Américains ? Certes, il y en a dans l’édition 2005, bien vivants mais déjà porteurs d’une mémoire. La chorégraphe Deborah Hay poursuit une « exploration du mouvement sans discrimination », qui puise à la source du Judson Dance Theater, auquel elle a participé. Le metteur en scène Lee Breuer, fondateur de la légendaire compagnie Mabou Mines, revient avec une adaptation très personnelle de Maison de poupée, d’Ibsen ; et Steve Reich est au menu, avec des compositions de Frank Zappa, d’un concert unique de l’Ensemble Modern.

Doit-on parler aujourd’hui d’un rêve brésilien ? Le pays de Lula, de la capoeira, des favelas et des telenovelas est cette année au cœur de la programmation. L’Année du Brésil en France n’y est pas pour rien, mais jamais le Festival d’Automne n’avait accordé une telle importance à un pays en particulier. Loin de s’en plaindre, le numéro 36-37 de Mouvement témoigne de la vitalité de la scène artistique contemporaine au Brésil. Commandes et coproductions ont été engagées avec des plasticiens (Dias et Riedweg, Ronsângela Renno, Artur Barrio), chorégraphes (Lia Rodrigues, Bruno Beltrão), et avec le metteur en scène Enrique Diaz . « Les frontières nationales ne sauraient en aucun cas être des limites culturelles ; la création n’a de sens qu’à se nourrir d’échanges, de brassages, de confrontations », proclamait déjà Michel Guy.
D’autres événements devraient tenir nous en haleine jusqu’à la fin décembre :
- En théâtre, cinq spectacles du collectif tg STAN au Théâtre de la Bastille ; Quartett, de Heiner Müller, mis en scène par Matthias Langhoff ; le retour du Théâtre du Radeau avec Coda, mais aussi deux spectacles de Robert Lepage ; un texte de Mishima adapté par Julie Brochen ; et une propositions singulière de Jean-Christophe Bailly et Gilberte Tsaï à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
- En danse, on retrouve les deux spectacles de Mathilde Monnier créés au dernier festival d’Avignon (dont La Place du singe, avec Christine Angot) ; les deux dernières créations de l’Allemand Raimund Hoghe ; la compagnie anglaise DV8 d’Earl Lloyd Newson ; le japonais Saburo Teshigawara ; tandis que la « jeune génération » est affichée avec des créations de Julia Cima et de Julie Nioche, à la Cité Internationale et à la Chapelle des Récollets.
- En musique, enfin, aux côtés de la double présence de l’Australienne Liza Lim et du Suisse Hanspeter Kyburz, mais aussi de la venue de compositeurs (Salvatore Sciarrino) et interprètes (l’Ensemble Modern) familiers, le Festival fera autant la part belle aux jeunes compositeurs (créations de Hans Thomalla et Jérôme Combier) qu’aux grands maîtres (avec de nouvelles œuvres de Steve Reich et de Henri Dutilleux), et surtout à des personnalités atypiques, sans filiation ni descendance évidentes : Frank Zappa, et surtout l’Italien Giacinto Scelsi et la Russe Galina Ustvolskaya (dont les fantastiques Sonates pour piano, interprétés par Markus Hinterhäuser au Musée d’Orsay, constitueront l’un des sommets du Festival).
Jean-Marc Adolphe et David Sanson

* Les citations de Michel Guy proviennent du livre-album édité pour les dix ans du Festival d’Automne : Dix ans et la suite. Festival d’Automne à Paris, 1972-1982, éditions Temps Actuels, 1982.

Festival d’Automne à Paris, du 14 septembre au 25 décembre. Tél. 01 53 45 17 17 www.festival-automne.com

A l’occasion du Festival d’Automne à Paris, Mouvement publie un cahier spécial, tiré à part de 32 pages, téléchargeable sur www.mouvement.net


David SANSON, Jean-Marc ADOLPHE,
Publié le 2005-09-21

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : brève
Thème(s) : art visuel, danse contemporaine, musique contemporaine, théâtre,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Bruno BELTRÃO (chorégraphe), David SANSON (rédacteur), Jean-Marc ADOLPHE (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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