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Le macadam vaut bien un spectacle
Cirque et arts de la rue à Paris
La Coopérative de Rue et de Cirque, à Paris : une plate-forme d’échanges et de diffusion pour les arts de la rue et le cirque contemporain.
« La ville est un cirque et nous en sommes les funambules ordinaires. […] Par le truchement des prismes artistiques, critiques, poétiques et multiculturels agissant sur nos lieux de ville, l’urbanité est un révélateur pour l’imaginaire et la création artistique: un lieu de réflexion et de transformation pour relier l’art, l’homme et les territoires. » Cette déclaration, inscrite au fronton de la coopérative De Rue et De Cirque (2r2c), donne le ton du projet lancé en mars dernier par Rémy Bovis (gérant), Sylviane Manuel, Maud Le Floc'h et Thierry Benoist. Fruit d’une réflexion sur la problématique de la diffusion des arts de la rue et du cirque qui agite le milieu depuis déjà quelques années, cette nouvelle structure veut rompre avec la logique festivalière qui confine trop souvent les artistes dans le rôle d’animateurs et/ou de marchandises exposées attendant le bon vouloir des programmateurs. « Il est urgent de revenir aux notions d’œuvre dans l’espace public, d’appropriation des territoires, de travail avec les populations, souligne Rémy Bovis. En tant qu’opérateur indépendant, nous avons plus de liberté pour proposer des démarches atypiques que les institutions. Notre objectif est de promouvoir la diffusion de ces arts sur Paris et l’Ile-de-France, tout en développant un mode de relation avec les publics et les compagnies qui s’inscrive dans la durée et se fonde sur la coopération. » Ajoutons que la coopérative modifie également la donne financière puisqu’elle assume tout ou partie des risques, alors que, à Paris, les compagnies jouent généralement à la recette, y compris dans les théâtres.
Le statut choisi, celui d’une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) reflète clairement cette philosophie : les salariés, des créateurs, des professionnels, des « usagers » (spectateurs et associations) participent à l’assemblée générale annuelle qui désigne le gérant et définit les orientations générales, notamment la « ligne éditoriale ». « Nous espérons que nos partenaires financiers, la Ville de Paris et la Région Ile-de-France, siègeront également. Pour l’heure, ils ne sont pas encore prêts culturellement », ajoute Rémy Bovis.
De même, la programmation vise à rompre avec l’habitude consumériste et l’événementiel en assurant une présence artistique sur le terrain. Conçue comme une saison théâtrale, elle est élaborée avec un artiste associé, afin d’élargir la diversité esthétique des propositions, et se décline sur deux axes, rue et cirque contemporain. L’action culturelle se situe au coeur de la démarche de diffusion et s’appuie sur une communication de proximité qui vise à rendre lisible le processus de création dans son ensemble et à y associer la population. Chaque troupe s’installe en résidence quelques temps et choisit son mode d’intervention avec les habitants. Avec Roman Fleuve, KMK a par exemple disséminé des installations flottantes sur le bassin de la Villette et des petites fabriques d’écriture destinées aux enfants du quartier. La coopérative souhaite également promouvoir le compagnonnage et le parrainage. Les cirques accueillis inviteront à leur tour sous leur chapiteau de plus jeunes équipes franciliennes. Car si 2r2c centre son action sur la capitale, elle entend cependant bien encourager la coopération culturelle régionale et étendre ainsi son champ d’intervention.
Dotée d’un budget de 750 000 €, dont 580 000 € de subventions, la première saison s’ouvre par deux temps forts. Imaginé avec Le Nom du titre qui présente son Cabaret philosophique, le programme « Rue » accueille Les chercheurs d’air, le Deuxième groupe d’intervention, le Théâtre Group et les 26 000 couverts, tandis que le Cirque 360 – 36 du mois, Gosh, et les Arrosés ont planté leurs chapiteaux sur la pelouse de Reuilly (jusqu’au 8 octobre). Sur l’année, 2r2c prévoit cinq périodes de spectacles pour le cirque et deux pour la rue, à l’automne et au printemps.
Alors que des festivals avaient fleuri le bitume de nos régions françaises, le macadam parisien était jusqu’à présent resté bien terne. Voilà qui devrait semer de belles graine…
Gwénola David
Contact : « 2r2c » - Village de cirque - Pelouse de Reuilly - 75012 Paris - 01 46 22 33 71 www.deruetdecirque.coop
Souscription saisonnière à la coopérative De rue et de cirque : 15 euros
La souscription temporaire à la coopérative, c’est aussi bénéficier de programmations surprises, d’informations régulières et de tarifs réduits toute l’année.
> Le village de cirque contemporain, sur la pelouse de Reuilly (Paris 12ème, jusqu’au 8 octobre), avec chaque soir des créations de l’année, des découvertes, des petites formes circassiennes ou musicales.
> Vladjalo, de la Cie Gosh : les 6, 7 (21h) et 8 (19h) octobre.
> Expect!, du Cirque 360-36 du mois : les 6, 7 (19h) et 8 (21h) octobre.
Au détour des rues, des spectacles gratuits :
ETAT(S) DES LIEUX, par le Deuxième Groupe d'Intervention : du 7 au 18 octobre
La Jurassienne de réparation, par le Théâtre group’ : du 20 au 22 octobre
Le Grand Bal, par Les 26000 couverts du 27 décembre au 01 janvier
Gwénola DAVID,
Publié le 2005-10-06
Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)
Genre : brève
Thème(s) : art de la rue,
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Gwénola DAVID (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net
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