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Il n’y a pas d’élite qui vaille : dans la société, l’art se doit d’être un contrepoint inquiétant.




La directrice et les deux présidents du KunstenFESTIVALdesArts s’étonnent de la « rouspétance » politique qui vise leur festival et, au-delà, ils reposent les bases de la fonction des artistes dans une société.


Il n’y a pas d’élite qui vaille : dans la société, l’art se doit d’être un contrepoint inquiétant.

Le KunstenFESTIVALdesArts, à Bruxelles, a conquis en quelques années une notoriété justifiée, fondée sur une programmation résolument contemporaine et internationale. Ce succès n’a pourtant pas fait taire certaines voix du champ politique, qui reprochent au « Kunsten » un caractère « élitiste » et contestent, de ce point de vue, son financement public. Face à de telles attaques, Frie Leysen, directrice du festival, et les deux présidents de son conseil d’administration, ont réagi dans un texte qui ne cherche pas à nier que puisse exister une « élite artistique » – comme dans d’autres domaines. Mais ils font valoir la nécessité « d’arts non évidents, récalcitrants, fragiles ». Au-delà du contexte propre à Bruxelles et à la Belgique, ce texte nous semble utilement répondre aux suspicions et dénigrements qui s’expriment de plus en plus souvent dans toute l’Europe, à l’encontre de productions artistiques et culturelles jugées dérangeantes et auxquelles on reproche de façon plus ou moins explicite de ne pas concerner le plus grand nombre.
Mouvement


Depuis pas mal de temps, et ces dernières semaines encore plus que jamais, nous constatons des attaques provenant de plusieurs côtés, visant le monde des arts en général, et le théâtre en particulier. Et à chaque fois, on entend le mot « élite », chargé d’un grand mépris et prononcé d’un ton fort agressif. C’est pourquoi nous croyons que s’impose une série de questions qui méritent une réponse immédiate. […]

1. Qu’est-ce qu’une élite de nos jours ?
2. Que signifie l’art dans la société contemporaine ?
3. A quel type de société aspirons-nous ?

La société belge (qui ne diffère d’ailleurs pas, en ce sens, des sociétés voisines) est plus qualifiée que jamais, et le niveau d’enseignement ne cesse d’augmenter. Des milliers et des milliers de personnes acquièrent diverses formes de connaissances spécialisées dans toutes sortes de domaines, qui évoluent de manière constante et rapide. Il s’agit de formes de connaissances dont on n’osait même pas rêver il n’y a pas si longtemps de cela. Beaucoup de sous-secteurs de ces connaissances ne sont que très peu, voire pas du tout accessibles à ceux qui n’ont pas reçu une formation très spécialisée. Par conséquent, il se forme constamment des élites très divergentes, allant du travail manuel aux hautes mathématiques. Une personne qui fait partie d’une certaine élite a assez de temps libre pour se familiariser avec ce qui lui est offert par les autres élites, telles les élites musicales comme celles de la pop, du folk, du jazz, etc., ou d’autres élites artistiques comme celles du théâtre, de la littérature, de la danse, de la vidéo, etc. Et la liste est interminable.


Frie Leysen, Marion HäNSEL, Geert VAN ISTENDAEL,
Publié le 2005-06-10

Source Texte : Mouvement (http://www.mouvement.net)

Genre : lettre ouverte
Thème(s) : festival, Bruxelles, arts de la scène, politique culturelle,
Mot(s) Important(s) : élite, politique culturelle, festival, arts de la scène, Bruxelles, europe, société,
Artiste(s) : Frie Leysen (rédacteur), Marion HäNSEL (rédacteur), Geert VAN ISTENDAEL (rédacteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Mouvement - http://www.mouvement.net

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