Belgitude et Suissité Les festivals Backstage à Saint-Etienne et les Urbaines à Lausanne
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 16/12/2009 // 6379 signes
A Saint-Etienne et à Lausanne, les festivals Backstage et les Urbaines examinent sur le plateau principes de précaution et autres peurs contemporaines. Une traversée des genres et des frontières, entre influences belges et suisses.
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Hé! Ho!. Depuis un voilier sur le lac Léman, visible de l'esplanade de la cathédrale de Lausanne, Simon Deppieraz et Aurélien Collas tentent d’être remarqués par la terre ferme. Les festivals Backstage et Urbaines intègrent ce risque de s'isoler pour mieux se faire entendre. Avec succès : l'interdisciplinarité, cap résolu de leur programmation, traverse autant les genres que les frontières.
S'il est des clichés sur la Belgique, gardons celui d'un pays dont les artistes pétris d'autodérision et nourris de surréalisme posent un regard décalé sur le monde, la fameuse Belgitude. Vérification à Saint-Etienne, lors de cette édition « Made in Belgique » du festival Backstage. Coalition est une création issue de deux collectifs bruxellois, l'un francophone, Transquinquennal, et l'autre néerlandophone, Tristero. Le spectacle, qui relève du théâtre-performance, reprend l'histoire de ce Mig 23, avion militaire russe, qui était venu s'écraser sur un homme endormi dans une maison de Belgique, en 89, avant que le mur ne s'effondrât à Berlin. La trajectoire tragique et symbolique de cet engin abandonné par son pilote au-dessus de la Pologne sert de fil rouge à une évocation de la peur dans nos sociétés. Maintenant qu'a disparu la menace d'une guerre atomique opposant les deux blocs, ce sont les « principes de précaution » et autre « gestion du risque » qui pullulent et dressent la peur à tous les coins de rue. Mais le spectacle ne se veut pas revendicatif - « au théâtre, il n'y aurait que des gens qui sont déjà d'accord », précise Stéphane Olivier –, plutôt drôle et innovant à partir d'un dispositif dans lequel un écran projette des sentences semblant dicter le destin, l'avenir, et des anecdotes et statistiques qui rappellent que le danger peut s'inviter au théâtre. Avec des scènes mémorables d'un comédien moscovite chantant My way devant les choeurs de l'armée russe, d'une reproduction en direct d'un tir à la pomme façon Guillaume Tell, de l'invasion de la scène par une mousse anti-incendie venue tout droit de chez Rodrigo Garcia, le spectacle cependant perd en dynamique par son dispositif.
Gagnez des invitations pour les festivals Danse et vous à L'Avant-Scène de Cognac et Les Détours de Babel à Grenoble et en Isère,Les Journées Grame à Lyon. A Paris, découvrez le dernier spectacle de Issam Bou Khaled, Banafsaj, auTarmac,le concert de Nils Frahm au Café de la danse et deux spectacles à La Maison de la Poésie. A Bordeaux, au TnBA, découvrez deux metteurs en scène, à Nantes au Lieu Unique, la dernière pièce de Joris Mathieu. A Bonlieu, à Annecy, deux duos chorégraphiques sont remis au goût du jour et près de Grenoble à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix suivez l'Introspection de Gwenaël Morin. Et toujours, transportez-vous vers le futur à laGaîté Lyrique, à Paris, et découvrez l'ensemble de la programmation du premier trimestre du Centre culturel André Malraux à Vandœuvre-lès-Nancy.
En écho aux événements d’Athènes, Mouvement vous propose cette quinzaine la bande-annonce du spectacle de la compagnie italienne Motus : Alexis. Une tragédie grecque, partant d'un fait divers.Le 6 décembre 2008 : Alexis, 15 ans, est tué d'une balle en pleine poitrine par un policier, à Exarcheia, quartier central et anarchiste d'Athènes. Dans une situation sociale et politique dégradée, cette mort met le feu aux poudres et déclenche une vague d'insurrection sans précédent... Depuis 2009, Enrico Casagrande et Daniela Nicolò mènent un travail autour des révoltes contemporaines à travers la figure d'Antigone. Pour en savoir plus, lire l'article de Bruno Tackels dans lenuméro 57.