brève / notice L’insurrection qui tient La rentrée de la Maison de la Poésie
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 02/01/2012 // 3150 signes
En ce début d’année 2012, la Maison de la poésie de Paris reste fidèle à ses principes, mêlant le rythme claquant de la langue d’Hélène Bessette à la révolte scandée de Jean-Luc Raharimanana et Thierry Bedard.
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« Tout se fait par le rythme. Partir du souffle de l'écriture pour trouver celui de la parole. Aller-retours multiples. » Anaïs de Courson, sur le blog qui relate la création de Ida ou le délire(1), raconte la reprise des répétitions. Rythme, souffle : si les termes sont physiques, c’est que sa création met en jeu le corps de manière chorégraphique. Mains, regard, déplacement : seule en scène, Anaïs de Courson donne vie au texte d’Hélène Bessette, relatant la mort d’une pauvre et pourtant mystérieuse femme. On ne parlera pas pour autant de théâtre-danse, comme peut l’être une pièce de Pina Bausch ou Jan Fabre. Chez Anaïs de Courson, le corps est un élément scénographique, outil au service de la langue. « Pas de représentation, explique-t-elle. Personne ne prend en charge les personnages – et nous en débarrasse par la même occasion. Non. Madame Besson & co ne sont pas dans leur salon, là-bas, loin, ailleurs ; elles flottent dans la salle. »
Autre corps meurtri et absent, celui du fils dans Excuses et dires liminaires de Za. Dans ce texte de Jean-Luc Raharimanana, mis en voix par Thierry Bedard, se croisent folies et barbarie, cauchemars et misère. Thierry Bedard met également en scène Des ruines, texte écrit lors d’une tournée annulée des Cauchemars du Gecko. Un texte, explique-t-il, à la fois intérieur et ample : « Jean-Luc Raharimanana redit cette rage, cette révolte contre ce monde – il est sans cesse question de cette mémoire très violemment ancrée dans l’histoire que l’auteur porte en lui, en mémoire du peuple malgache et de l’Afrique. Puis il dit la douleur de porter toutes ces choses, mais aussi la douleur, quelques fois, de ne pas être entendu ou d’être entendu de travers. Et l’envie d’aller vers le silence, de se taire. »
Le silence d’Ida regardant ses grands pieds, la douleur de Za combattant ses cauchemars, et le rire, malgré tout, d’humains parmi les humains.
1. http://ida-bessette-2012.blogspot.com
> Ida ou le délire, d’Anaïs de Courson, du 25 janvier au 19 février ; Des ruines..., de Jean-Luc Raharimanana et Thierry Bedard, du 18 janvier au 12 février ; Excuses et dires liminaires de Za, de Jean-Luc Raharimanana et Thierry Bedard, les 22, 29 janvier et 5, 12 février à la Maison de la poésie, Paris.
Et aussi : Les Géants #2, avec les poètes Adonis, François Cheng et Juan Gelman, du 12 au 15 janvier.
Crédits photos :
Une : Des ruines, de Jean-Luc Raharimanana et Thierry Bedard. Photo : Christophe Raynaud de Lage.
Article : Ida ou le délire, d'Anaïs de Courson. Photo : Emmanuel Turlet.
Gagnez des invitations pour les festivals Danse et vous à L'Avant-Scène de Cognac et Les Détours de Babel à Grenoble et en Isère,Les Journées Grame à Lyon. A Paris, découvrez le dernier spectacle de Issam Bou Khaled, Banafsaj, auTarmac,le concert de Nils Frahm au Café de la danse et deux spectacles à La Maison de la Poésie. A Bordeaux, au TnBA, découvrez deux metteurs en scène, à Nantes au Lieu Unique, la dernière pièce de Joris Mathieu. A Bonlieu, à Annecy, deux duos chorégraphiques sont remis au goût du jour et près de Grenoble à l'Amphithéâtre de Pont-de-Claix suivez l'Introspection de Gwenaël Morin. Et toujours, transportez-vous vers le futur à laGaîté Lyrique, à Paris, et découvrez l'ensemble de la programmation du premier trimestre du Centre culturel André Malraux à Vandœuvre-lès-Nancy.
En écho aux événements d’Athènes, Mouvement vous propose cette quinzaine la bande-annonce du spectacle de la compagnie italienne Motus : Alexis. Une tragédie grecque, partant d'un fait divers.Le 6 décembre 2008 : Alexis, 15 ans, est tué d'une balle en pleine poitrine par un policier, à Exarcheia, quartier central et anarchiste d'Athènes. Dans une situation sociale et politique dégradée, cette mort met le feu aux poudres et déclenche une vague d'insurrection sans précédent... Depuis 2009, Enrico Casagrande et Daniela Nicolò mènent un travail autour des révoltes contemporaines à travers la figure d'Antigone. Pour en savoir plus, lire l'article de Bruno Tackels dans lenuméro 57.