 |
 |
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
texte d'analyse
Jean-Jacques Aillagon, questions de périmètre
Jean-Jacques AILLAGON
source : Les éditions du mouvement // date de publication : 01/01/2003 // 25028 signes
Quel peut être le rôle de Jean-Jacques Aillagon au sein d'un gouvernement marqué par le tout-sécuritaire, face à des dossiers comme ceux des intermittents, de l'éducation artistique, ou encore face au chantier de la décentralisation ? Bref, quel est le périmètre politique du ministre de la culture? |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Attention, vous n'avez actuellement pas accès à l'intégralité de ce document.
Pour accéder au text intégral, vous devez vous connecter dans votre espace club avec les codes fournis lors de votre abonnement à la revue. Si vous n'êtes pas abonné(e), vous pouvez accéder à l'ensemble des ressources de mouvement.net en vous abonnant à la revue ou en souscrivant pour un droit de consultation sur Internet de 12 mois. Un fois connecté(e), vous accéderez sans autre manipulation à l'intégralité des contenus de mouvement.net.
s'abonner à la revue
souscrire aux ressources en ligne (bientôt disponible) |
 |
 |
 |
Jack Lang, premier ministre de la Culture de l'ère mitterrandienne, s'était proclamé « ministre des artistes ». Après lui, l'action du ministère de la Culture s'est quelque peu enlisée dans la gestion des affaires courantes. Qu'ils aient été de droite ou de gauche (Toubon, Léotard, Douste-Blazy, Trautmann, Tasca), aucun(e) d'entre eux n'aura laissé un souvenir impérissable. Ils n'ont guère eu, faut-il le préciser, les « marges de manœuvre » qui auraient pu leur permettre d'engager de nouveaux chantiers ou d'impulser une dynamique nouvelle de l'action publique en matière culturelle. Mais en fait, le souhaitaient-ils vraiment ? Ex-directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris, ex-président du Centre Pompidou, Jean-Jacques Aillagon est depuis juin dernier le nouveau locataire de la rue de Valois. Entré en politique dans l'entourage de Jacques Chirac, mais sans avoir jamais cherché à conquérir une légitimité électorale, il nourrissait depuis longtemps une ambition ministérielle, dont il ne se cachait pas. On imagine que Jean-Jacques Aillagon n'a pas accepté cette fonction pour y faire de la figuration, et qu'il rêve d'y laisser durablement la marque de son nom. A priori, une telle ambition suppose des moyens que le Premier Ministre ne semble guère disposé à octroyer au ministère de la Culture, visiblement plus enclin à satisfaire la voracité d'un Nicolas Sarkozy, à préserver des budgets militaires importants ou encore à mettre en œuvre la construction de trente nouvelles prisons ! Sans même parler de ses capacités budgétaires, le périmètre politique de Jean-Jacques Aillagon n'est apparemment pas très large. D'autant qu'il doit aussi batailler contre le retour d'un certain ordre moral aux relents de censure (comme on l'a vu dans l'affaire Rose Bonbon, ou encore dans la délibération du Conseil Régional Rhône-Alpes au sujet du projet d'affiche pourtant bien anodin de Jazz à Vienne) ainsi qu'avec les mauvaises grâces de certains élus de droite vis-à-vis de la création contemporaine (les attaques du député du Vaucluse Thierry Mariani contre le centre d'art du Crestet, l'attitude du maire de Nîmes vis-vis de l'école des Beaux-arts de cette ville, par exemple). Jean-Jacques Aillagon se déplace beaucoup, et du Salon des Antiquaires à un spectacle de Meg Stuart dans le cadre du Festival d'Automne, il semble prendre un égal plaisir à transporter sa charge, à Paris mais aussi en région. Cela suffira-t-il à donner l'image d'un « grand » ministre de la Culture ? Et surtout, pour quelle vision de la culture ? En d'autres termes, la question pourrait être « que peut aujourd'hui un ministre de la Culture » ? « Toujours marquer que les productions de l'art et de l'esprit ne peuvent en aucun cas être ravalées au rang de productions ordinaires de l'ordre économique ou de l'ordre social » répond ici Jean-Jacques Aillagon, mais cela même ne saurait suffire. À l'heure cumulée du libéralisme conquérant et de la « France d'en bas », quelle place tient le ministère de la Culture ? À cet égard, le chantier de la décentralisation qu'engage Jean-Pierre Raffarin va se révéler crucial. En la matière, les réponses que donne ici Jean-Jacques Aillagon augurent d'un certain nombre de choix à venir qui vont sensiblement modifier le paysage culturel français. Entre le « mouvement de libération » que dit avoir vécu en Mai 68 l'actuel ministre dans sa jeunesse toulousaine, et son souci politique d'une « rationalisation » de l'intervention publique qui consisterait à soumettre le « territoire » à des « normes » plus clairement établies, se joue sans doute le paradoxe du système qu'il incarne aujourd'hui.
Jean-Marc ADOLPHE |
 |
 |
|
|
 |
 |
|
 |
|