Puissante délicatesse

Chloé Hernandez / Orin Camus

L’Homme assis d’Orin Camus et Here comes the chaos de Chloé Hernandez offrent un concentré de finesse, de sensibilité et d'intensité, conjuguant le geste minimaliste à une physicalité extrême. Rencontre croisée avec les deux chorégraphes.

Par Christiane Dampne publié le 3 févr. 2015

 

Heureuse initiative du Pacifique / CDC de Grenoble de programmer ces deux soli dans une même soirée lors du temps fort Concentré de danses ! Et fidèle compagnonnage puisque la structure soutient ces jeunes artistes depuis 2009. Leur danse est le fruit d'une triple formation en danse classique, hip-hop, et contemporaine. Et l'écriture chorégraphique de leurs différentes créations n'en renie aucune pour une fusion réussie des langages.

 

Orin Camus et Chloé Hernandez travaillent avec plusieurs chorégraphes avant de fonder le collectif CdansC avec Amala Dianor en 2005. Après quatre spectacles (Tranche de vie, lun@.rêves, Engin-ar, List’ic), ils rompent les amarres pour créer à deux l'association Yma en 2012, à Mézin dans le Lot et Garonne. Une compagnie et un projet de résidence de création ouverte aux artistes de toutes disciplines. La compagnie donne naissance à deux soli d’Orin – Circle Moods (2011) et L’Homme assis (septembre 2013), au solo de Chloé Here comes the chaos (septembre 2014), sans oublier une perle pleine de malice de 5 minutes : le duo Réveillon qui mêle des styles de danse différents, du contact improvisation à la danse de salon en passant par le hip-hop. Pour leur prochaine création, c’est la forme du quatuor avec deux comédiens qui sera visitée.

Les quatre piliers de leur recherche ? Un dialogue subtil entre danse, musique, vidéo et lumière qui ouvre davantage encore l’espace imaginaire.

Au-delà de leurs différences d'univers, d'énergie et de thématique, ces deux soli masculin et féminin tissent entre eux plusieurs correspondances. Tous deux allient lenteur et fulgurance et chaque solo se compose en fait comme un duo : la jeune femme danse avec une fine coulée de sable en continu, le jeune homme avec une pile de feuilles. Plateau nu dans Here comes the chaos, espace dépouillé avec une table et chaise pour L’Homme assis. On assiste à une transformation progressive vers un sol rempli de feuilles et de sable sur lequel chacun se couche et trouve refuge à la fin. Un mouvement du vide vers le plein. Mais ce qui les unit avant tout, c'est la délicatesse de leur toucher. Le toucher de l'air de Chloé, le toucher du sol d’Orin comme s'il voulait lui enlever son poids d'homme.

 

Rencontre avec deux artistes qui entrelacent leur voix en ricochant sur les mots de l'autre.

 

1. Les chorégraphes donnent souvent leur nom à leur compagnie. Pour quelle raison avez- vous choisi Yma pour baptiser la vôtre ? Et où en est votre projet de créer un lieu de résidence ?

 

 

2. Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le village de Mézin dans le Lot-et-Garonne ?

 

 

3. Comment s’est effectué le choix de la forme solo ?

 

 

4. Que questionnez-vous Chloé dans Here comes the chaos ?

 

 

5. Orin, dans votre précédent solo Circle Moods, vous interrogiez l'enfermement à partir de vos interventions en prison. Dans la note d’intention de L’Homme assis, vous écrivez avec malice : « Nos ancêtres se sont redressés et mis debout, nous poursuivons notre évolution dans la position assise. » Quel a été votre point de départ personnel pour questionner l’assise ?

 

 

6. Vous cosignez la chorégraphie des soli. Lorsque l’on est un couple dans la vie, comment s’effectue la juste distance de votre regard sur le travail de l’autre ?

 

 

Concentré de danses a eu lieu du 27 janvier au 6 février dans différentes scènes de l'agglomération grenobloise. 

 

Crédit photo : Rémy Nelson Borel.