Yasuke Kurosan de Smaïl Kanouté

Numeridanse fait son festival

Pour tout amateur de danse, c’est un peu la caverne d’Ali baba. Numeridanse, la première vidéothèque française de films de danse, fête ses dix ans. Pour marquer le coup la plateforme lance son festival 100% en ligne et 100% gratuit. Parmi une trentaine de propositions, la rédaction de Mouvement a sélectionné pour vous ses cinq coups de cœurs, très indisciplinés.

Par La rédaction de Mouvement publié le 4 nov. 2021

L’urgence d’agir

Maguy Marin est une icône de la danse contemporaine, l’une des rares à continuer de tourner un spectacle, May B, près de 40 ans après sa création. Ponctué d’images haute-définition de ce best-seller de la danse qui marqua les esprits par la représentation d’une humanité grotesque et poussiéreuse, le film documentaire réalisé par David Mambouch retrace le parcours et la personnalité attachante de la chorégraphe, auteure d’une quarantaine de pièces mixant allègrement danse et théâtre. Notamment celui de Samuel Becket, star de l’absurde et prix Nobel de littérature qu’elle a même eu la chance de rencontrer.

> le 10 novembre à partir de 19h, puis disponible 24 heures

 

 

Clowns

Ce n’est pas le plus glorieux tableau de notre espèce que dresse le chorégraphe israélien Hofesh Shechter. L’ex-batteur de rock et ancien danseur de Mr Gaga, a remanié pour la caméra son sombre et cartoonesque Clowns, cycle de morts et résurrections dans un décor grandiloquent digne d’un cabaret. L’occasion de s’imprégner de l’énergie électrique de la célèbre compagnie londonienne.

> le 16 novembre à partir de 12h, puis disponible 24 heures

 

 

Welcome to a bright white limbo

Cet autre portrait d’artiste nous fait prendre un aller-simple pour Belfast. Oona Doherty, originaire de la capitale d’Irlande du Nord tire son inspiration de la rugosité de cette ville, historiquement marquée par la guerre civile, le chômage, les violences et la pauvreté. Le documentaire de Cara Holmes suit la chorégraphe dans la création de son solo Hope Hunt, où sous sa carapace virile, chaîne en or au cou et survet’ sur le dos, elle chasse le peu d’espoir qu’il reste à la jeunesse asphyxiée.

> le 16 novembre à partir de 12h, puis disponible 48 heures

 

 

Trilogie de Smaïl Kanouté

Formé aux arts décoratifs, le chorégraphe et graphiste Smaïl Kanouté creuse depuis quelques années un projet d’envergure : une trilogie de courts-métrages qui entremêle depuis trois points de vue différents les présents, passés et futurs de communautés noires. En unique samouraï noir du japon dans Yasuke Kurosan, en fantôme de jeunes tués par les armes à feu dans Never Twenty One ou touchant aux rituels vaudou du Bénin et les exils forcés d’esclaves dans So ava, Smaïl Kanouté et les réalisateurs Henri Coutant, Kevin Gay et Abdou Diouri exorcisent par le geste et l’image vidéo les histoires souvent douloureuses des diasporas africaines.

> le 11 novembre à partir de 12h, puis disponible 24 heures

 

 

Soirée de courts-métrages

Si vous vous sentez plus enclins à picorer et piquer encore un peu plus votre curiosité, les formats courts sont à l’honneur toute une soirée. Depuis la Chine, le Canada, la Grèce ou encore le Danemark, réalisateurs et réalisatrices de cinéma ou de film d’animations ont pour point commun d’avoir intégré le mouvement dansé à leurs narrations. Il sera question d’un amour qui ne peut pas s’avouer par les mots, de deux agents de sécurité, d’un super pouvoir qui permet de se déplacer à la vitesse de la lumière, ou encore d’une longue soirée que trois petits mecs passent à se raconter les plus terribles histoires d’horreur.

> le 12 novembre à partir de 19h, puis disponible 24 heures

 

À lire : notre critique de Clowns d’Hofesh Shechter sur Mouvement.net

À lire : notre portrait d’Oona Doherty sur Mouvement.net

À lire : notre entretien avec Smaïl Kanouté sur Mouvement.net

 

> Numeridanse fait son festival du 10 au 17 novembre en ligne sur Numeridanse.tv