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« Je suis, et j’ai toujours été, un citadin. C’est ici, dans la ville globale, que je me sens chez moi. Dans ce hall de miroirs en perpétuel changement, je peux lire l’état de notre société tel qu’il nous est renvoyé », affirme l'artiste. Poings levés vers le ciel, poubelles en feu et genou de flic enfoncé dans les côtes ; le territoire urbain est un théâtre pour nos antagonismes contemporains. Les clichés de l’artiste sont tous habités par une menace indéfinie, une ambiguïté inquiétante : l’index d’un garçon qui dépose une lentille sur sa cornée, la main d’une femme sur le crâne d’une jeune fille, les corps torves de scolopendres marins. D’où viendra la violence ? De quelle nature est l’étreinte : coercitive ou pleine d’amour ? Avons-nous déjà sombré dans la paranoïa collective ? Êtes-vous surveillé en ce moment même ? Et rien pour nous rassurer dans cette architecture glaciale, dans cet anti-urbanisme réactionnaire qui fait loi dans nos villes d’Europe et d’Amérique du Nord. Sauf, peut-être, quelques fulgurances poétiques émanant d’une marge joyeuse et punk où la vie résiste. Dans une rue bondée, un arlequin à la taille de guêpe défile avec une peluche sous le bras, son excentricité comme un pied de nez à ce nouveau monde ultra-verrouillé. Pendant une décennie, Mads Holm a déployé tous ses efforts pour mettre en lumière la transformation insidieuse de la société et les incursions de la guerre dans la vie quotidienne. Aujourd’hui, ce même corpus d’images fait office de prophétie autoréalisatrice : « La fumée s’est enfin dissipée. C’est l’heure du baisser de rideau. »





 ⇢ HRTLND, Éditions Disko Bay, 2025

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