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Dans un pays labouré par la guerre, les milices et les désillusions politiques, une voix continue de circuler entre les fractures : celle, rauque et magnétique, de Sajda Obeid. Icône nationale venue des marges, la chanteuse fédère les Irakiens dispersés, des rues de Bagdad aux posts TikTok de la diaspora. Star clandestine et businesswoman aguerrie, Sajda est le régime le plus stable du pays depuis Saddam Hussein. Virée dans la capitale irakienne, sur la banquette arrière.

Un reportage extrait du numéro 128 de Mouvement



« T’as compris les paroles ?! » Échappé des enceintes de la voiture, le rythme sec des percussions enfle à mesure que la basse ancre sa pulsation entre les mélodies des synthés. Une voix rauque et franche éclate entre les battements du tambour nomade. « Que vais-je dire à ma mère quand je rentrerai — le vase est brisé. Je devrais me frapper avec une barre en fer et laisser le sang couler », chante Sajda Obeid de son vibrato serré. À l’arrière de l’habitacle, les genoux emmêlés des jeunes filles assises les unes sur les autres remuent sur le tempo. Les longs ongles pourpres et manucurés de Nour Munther continuent d’imprimer la cadence sur le cuir des sièges lorsqu’elle se tourne vers Nuran al-Obeidi :

 

C’est une métaphore ! Le vase qui se brise, c’est pour dire qu’elle a perdu sa virginité !

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