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D’ici à 2032, un nouveau canal doit connecter la région parisienne aux grands ports du nord de l’Europe. C’est une infrastructure comme on n’en fait plus, au coût écologique désastreux et à la pertinence économique contestable. Les écolos aimeraient jeter le méga-canal dans la corbeille des « grands projets inutiles », avec la ZAD et le barrage de Sivens. Mouvement a promené son micro le long du tracé, à la rencontre des riverains et des bateliers : la convergence des luttes viendra, mais c’est pas gagné.


Un reportage extrait du numéro 128 de Mouvement



« Sauvez l’Oise, sauvez l’eau, on veut des petits bateaux. » Slips de bain colorés, masques d’oiseaux sur le nez et méduses en papier à la main, deux mille manifestants longent la rivière près de Compiègne, au sud de la Picardie. Sous la grisaille d’octobre, les gendarmes mobiles sont engoncés dans leurs uniformes. Leur mission : protéger le chantier du nouveau canal reliant Paris aux Pays-Bas, en passant par la Belgique. Les forces de l’ordre piétinent dans la terre fraîche alors que les militants des Soulèvements de la Terre s’engouffrent dans le chenal existant, déroulent une banderole et déclenchent des fumigènes. Après quelques slogans, les voilà déjà repartis. L’interruption fut brève, les travaux reprendront lundi matin. Serpent de mer depuis les années 1950, le Canal Seine Nord Europe doit tracer une voie royale de Compiègne à Cambrai et remplace

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