Un entretien extrait du numéro 128 de Mouvement
Ces dernières années, plusieurs soulèvements populaires sont nés en réaction à des violences meurtrières commises par la police. On considère pourtant que le deuil provoque sidération et immobilisme. De quelle façon devient-il un moteur politique ?
Mon point de départ est la révolution iranienne. À la fin des années 1970, le socialisme est la référence principale dans les mobilisations collectives et la contestation anticoloniale. Pourtant, en Iran, une autre culture politique émerge, qui mobilise le spirituel et les rituels de deuil comme l’Achoura [jour de deuil pour l’imam Hussein dans l’islam chiite et date symbolique de la lutte contre les injustices, Ndlr]. Plus tard, les militant·es de « Femme, vie, liberté » ont à leur tour mobilisé le deuil pour protester contre la République islamique. De façon très s

