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C’est dans la continuité de ses travaux sur l’art italien, il faut citer parmi ses nombreuses publications les essais sur Lucio Fontana (2013), Pino Pascali (2015), Fabio Mauri (2018) et plus récemment L’Espace des images. Art et culture visuelle en Italie 1960-1975 (2022), que l’historienne de l’art Valérie Da Costa propose au MAMAC de Nice Vita Nuova. Nouveaux enjeux de l’art en Italie 1960-1975. Une exposition qui démontre la vitalité d’un chapitre temporel qu’on a longtemps réduit à l’Arte Povera. Avec près de soixante artistes, dont un tiers de femmes, et cent-trente œuvres, Vita Nuova s’organise en trois sections et rassemble un choix d’œuvres rares qui appartiennent aux institutions italiennes et françaises mais surtout à des collections privées peu connues du grand public. 


La première section intitulée Une société de l’image nous accueille avec trois courts extraits de films emblématiques d’un moment de l’histoire du cinéma où les réalisateurs italiens étaient parmi les plus créatifs au monde. Les séquences choisies de La Dolce Vita (Federico Fellini) à Accattone (Pier Paolo Pasolini) en passant par Le Désert rouge (Michelangelo Antonioni) montrent trois aspects de la société italienne du début des années 1960 à travers le regard de trois femmes. On y rencontre de nombreux et nombreuses artistes encore trop peu vus, voire inconnus sur la scène internationale (c’est d’ailleurs une constante dans les trois sections) à l'exemple de Marisa Busanel et ses troublantes œuvres d’assemblage, de Lisetta Carmi et ses surprenantes photographies des travestis du port de Gênes, ou encore des intimes films d’animation de Rosa Foschi.


La seconde section s’empare du thème de la nature (Reconstruire la nature) en faisant la part belle à la sculpture et en mettant en dialogue les œuvres faites de plumes de Maria Lai et de Claudio Parmiggiani avec, pour ce dernier, un magnifique cercle de plus de deux mètres de diamètre fait entièrement de plumes colorées (Cercle de plumes, cercle de feu, 1969). Plus surprenant, on trouve dans cette section des œuvres qui mêlent une réflexion sur le design et les œuvres d’art. Ce sont les sculptures à vivre ou à porter en mousse polyuréthane de Piero Gilardi ou encore les fauteuils largement inspirés de la nature des collectifs d’architectes et de designers des groupes Strum et Archizoom.


La dernière section s’attache aux traces du corps individué ou collectif (Mémoires des corps). Pour le premier, l’œuvre Particolare (1972) de Giovanni Anselmo est une projection du mot « particolare » (détail) que le spectateur est invité à recevoir sur une partie de son corps. Les Scarpette (1975) de Marisa Merz sont quant à elles des sculptures en fil de cuivre faites aux mensurations des pieds de l’artiste qui rappellent la fragilité de l’humain. Le corps collectif, quant à lui, est toujours politique dans les œuvres gonflables de Franco Mazzucchelli laissées dans l’espace public pour que la population puisse se les approprier (A. to A. Priori Square, Volterra, 1973).


L’exposition se termine par plusieurs œuvres d’un artiste rare, Fabio Mauri dont le travail critique et politique est bien souvent ignoré. C’est ainsi l’occasion de découvrir pour la première fois en France l’une de ses plus remarquables installations : Intellettuale (1975) que l’artiste dédie à son ami d’enfance Pier Paolo Pasolini (1922-1975) ; reenactement d'une performance réalisée en mai 1975 à la Galerie d'art moderne de Bologne où le célèbre réalisateur reçu sur son torse, devenu unique écran, la projection intégrale de son film L’Évangile selon saint Matthieu (1964). L’installation reste bouleversante car elle condense la dimension christique et politique des deux artistes qui résonne avec l’assassinat de Pasolini en novembre 1975, date qui clôt cette magistrale exposition.

 


> Vita Nuova. Nouveaux enjeux de l’art en Italie 1960-1975, jusqu’au 2 octobre au MAMAC, Nice