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Société
Un récent rapport dénonce le fonctionnement à deux vitesses de la police britannique : les émeutiers d’extrême droite sont très rarement poursuivis, en vertu de leur patriotisme ; les militants propalestiniens et les activistes climat passent leur vie dans les prétoires. Ainsi va la guerre culturelle : on est à deux doigts d’élever l’émeute raciste au rang des traditions vernaculaires. La responsabilité du gouvernement travailliste est immense dans cette affaire. Reportage à Londres autour du 5 novembre, anniversaire de la conspiration des poudres de Guy Fawkes, et à la veille des grands procès.
Dans un pays labouré par la guerre, les milices et les désillusions politiques, une voix continue de circuler entre les fractures : celle, rauque et magnétique, de Sajda Obeid. Icône nationale venue des marges, la chanteuse fédère les Irakiens dispersés, des rues de Bagdad aux posts TikTok de la diaspora. Star clandestine et businesswoman aguerrie, Sajda est le régime le plus stable du pays depuis Saddam Hussein. Virée dans la capitale irakienne, sur la banquette arrière.
Depuis Mitterrand, le combat LGBT+ était solidement amarré à la gauche. Mais c’est du passé. L’incompétence socialiste sur les questions minoritaires et la banalisation de l’homosexualité ont eu pour revers l’émergence d’un « homonationalisme » dont Le Pen et Zemmour cherchent à s’emparer. Résultats : à l’Assemblée, les gays les plus en vue sont à l’extrême droite de l’hémicycle. La société suit : taper sur les étrangers et les trans n’a plus rien de tabou pour bien des homosexuels. Et si la dernière victoire des fascistes avant le pouvoir, c’était les LGBT+ ?
En français, on a pris l’habitude d’appeler improprement dièze le symbole précédant les hashtags, ces trend-topics qui alimentent le débat médiatique. Mais on a aussi importé du nouchi, l’argot d’Abidjan, le mot djèze, qui se prononce pareil et qui veut dire affaire. À mi-chemin entre le bruit du monde et les mots des gens, cette chronique trace sa route dans ce qui nous occupe.
La propriété privée serait-elle l’horizon indépassable de l’humanité ? Sous l’égide des sacro-saintes « politiques de développement », dernier avatar de l’occidentalisation du monde, cette norme juridique se déploie en Afrique de l’Ouest au prix de la déstabilisation des sociétés qui y vivent. Car « habiter », chez les peuples du bassin de la Volta, ne veut pas dire occuper, ni exploiter, ni posséder la terre, mais rendre possible une vie, collective et véritablement humaine.
L’Europe a conquis sa paix intérieure par la voie du charbon et de l’acier : c’est le programme d’histoire de cinquième. Mais l’Union européenne n’a jamais cessé de faire la guerre en dehors de ses frontières. L’Algérie, c’était papi. La philosophe invite à déconstruire la « white innocence » qui parasite notre compréhension des conflits mondiaux : il faut balayer les résidus de poudre devant notre porte.
Le département de l’Hérault a voulu prendre le lead dans un secteur pionnier : la chasse à l’habitat léger. Yourte, tente, bus, baignoire, cage à poules – rien n’échappe à la croisade des adjoints à l’urbanisme de Bédarieux ou du cap d’Agde. Ces logements alternatifs sont le produit de la longue histoire des congés ouvriers dans la région. Mais il y a aussi des néo-ruraux à mulet. Promenade sous escorte entre lagune et causse.
À Damas, dans les couloirs encore poussiéreux de l’ancienne propagande baasiste, une poignée de journalistes issus des médias d’opposition s’affaire à redonner vie au service public d’information syrien. Mais derrière l’enthousiasme de la révolution médiatique, des zones d’ombre demeurent : poids du passé, surveillance persistante et liens ambigus avec le nouveau pouvoir se frottent aux idéaux de la liberté d’expression et aux espoirs de meilleurs lendemains.