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Arts
Deux artistes, deux générations : Mire Lee est une petite célébrité de l’installation contemporaine, Pipilotti Rist est reconnue depuis les années 1980 en tant que plasticienne et vidéaste féministe. À l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne, ces mini-rétrospectives croisées ouvrent une zone pour penser le corps et ses affects. Bienvenue dans The Psycho(Somatic) Zone.
Pouvoir surnaturel ou trucage ? Veut-on vraiment savoir ? Au CAC Brétigny, Show d’Houdini rassemble le travail de huit artistes contemporain·es sous le signe du légendaire illusionniste. Sur la scène du centre d’art : marionnettes arnaqueuses, boîtes surprises et peinture ésotérique.
Le plasticien Jérémie Bennequin souffle un vent mystique dans la Crypte d’Orsay. C’est celui du Cantique des cantiques, poème millénaire qu’il réinvente dans une installation poétique et conceptuelle où les mots déclenchent des formes et des fragrances.
Depuis 2018, 100% L’EXPO, vitrine de la création française post-diplôme, rejoue chaque année la promesse d’une « émergence ». Si « émerger » renvoie à une forme de nouveauté, la trentaine d’artistes présentés déplace cette attente vers d’autres temporalités : formes anciennes, cycles corporels, récits familiaux et mémoires collectives, où le présent n’apparaît qu’à travers des retours et des hantises. Et si l’émergence était moins un moment qu’une méthode ?
Un « conclave artistique » : c’est l’idée du Musée Transitoire, projet artistique en itinérance dans la capitale depuis 2019. Pour sa quatrième édition, le Musée pose ses valises dans le Beffroi Saint Germain l’Auxerrois, en plein centre de Paris, et en fait le QG d’un « Ministère Transitoire ». Celui-ci hébergera une « résidence de public », nécessitant la présence d’une dizaine de participants pour une série de réunions à huis clos. L’objectif : rédiger un texte global jetant les bases d’alliances nouvelles entre art et société. Un chantier encadré par le curateur Jean-Christophe Arcos, accompagné par des artistes internationaux et soutenu par le Centre Wallonie-Bruxelles, le Frac Île-de-France et le Centre Culturel Suisse.
L’artiste palestinienne Aysha E Arar présente une œuvre à haute charge spirituelle à la Ferme du Buisson, à la croisée de la peinture symboliste et du vidéo clip onirique.
Les images mentent. Capturer le réel ? Plus personne n’y croit. L’IA déferle avec son contenu standardisé et bas de gamme, les pouvoirs politiques lissent les représentations à mesure que les fractures sociales s’intensifient. Le centre de la photographie de Mougins fait un détour par les années 1970 et le surréalisme du photographe André Villers pour revenir au présent avec les images accidentées d’Elsa Leydier et Clara Chichin. Faudra-t-il anéantir l’image pour mieux voir ?
Cancer, myopathie, fatigue chronique et douleur : Benoît Piéron a passé une enfance « hors du champ de la vie ». Aujourd’hui, l’artiste transcende cette expérience dans des formes à la fois cute et subversives. Ses peluches, ses lits d’hôpitaux et ses cabanes magiques racontent, l’air de rien, une vie à la merci du corps médical. Dernièrement, au fil de ses rencontres dans le milieu queer, Benoit Piéron à découvert qu’en plus de ce qu’il appelle « ses maladies de compagnie », il est né intersexe. « Je n’ai jamais vraiment su qu’elle était ma lettre dans l’acronyme LGBTQIA+. » S’il l’ignorait, c’est parce que l’establishment hospitalier a pour habitude d’opérer l’intersexuation au plus jeune âge et conseille aux familles d’en faire un tabou. Pour son exposition personnelle au Palais de Tokyo intitulée Vernis à ombres, le quarantenaire ressuscite la baie vitrée de son enfance, derrière laquelle est projeté un film porno abstrait, geste radical par lequel il se réapproprie son corps. Alors, comment vit-on quand la société nous place à la marge de tout ? Réponse avec un artiste qui s’est fabriqué loin de la norme.
À l’heure du monopole des GAFAM et de la militarisation technologique, la Villa Arson à Nice fait dialoguer deux artistes-penseuses majeures de l’ère internet. En miroir avec Magnanrama, panorama de l’œuvre dissidente de la Française Nathalie Magnan, l’Allemande Hito Steyerl met en lumière les conditions de travail de la classe ouvrière du numérique avec l’installation Mechanical Kurds. Une exposition bicéphale qui souligne l’impact cognitif du digital.