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Scènes
Pour la metteuse en scène Maëlle Dequiedt, le grand soir viendra à grand renfort de chant lyrique et de musique improvisée. C’est du moins l’espoir que nourrit Democracy Project, réjouissante mise en forme musico-théâtrale de la pensée de l’Américain David Graeber, artisan du mouvement Occupy Wall Street.
Si une météorite nous tombait dessus, que faire de nos derniers instants ? Dans une imposante scénographie immersive, Brigitte Poupart imagine une situation pré- et post-apocalyptique animée par des circassiens et des danseurs. Une mise en cause, sous les pirouettes et les figures dansées, de notre attitude face au désastre.
Qui de mieux que trois oiseaux de foire pour tirer au clair une affaire qui a secoué Israël en 2020 – le meurtre d’un palestinien autiste par un membre des forces de l’ordre israéliennes ? Dans Au nom du ciel, Yuval Rozman passe par la dérision – et l’ornithologie – pour ouvrir un dialogue épineux sans prétendre à la réparation. Un petit tour de force à dos de volatile.
Nos cerveaux sont-ils cramés au point d’être inaptes à la communication ? C’est ce qu’avance le chorégraphe Alban Richard dans Quartet, illustration par la danse du dysfonctionnement qui gagne nos corps au XXIe.
Ses performances mutantes dans l’espace public l’ont fait connaître sur les réseaux sociaux, et le documentaire Queendom sur le circuit des festivals : l’artiste russe Jenna Marvin confronte la pression politique qui pèse sur les existences queer dans sa première exposition française à Transfo Emmaüs Solidarité .
Musique
Sébastien Barrier fait une fixette sur Sleaford Mods, le duo de post-punk britannique dont les diatribes ont capturé la lose des années Brexit. En solo dans Dear Jason, Dear Andrew, ce showman issu des arts de la rue dresse son autoportrait en fan boy – un pied dans la bipolarité, l’autre dans la déglingue.
Face au grotesque de l’époque, le festival de performance Les Urbaines – point de ralliement de l’émergence européenne – fait le choix du fou rire cathartique, du burlesque et de la blague corrosive.
Pas besoin de scène ni de gradin pour faire l’expérience de Je suis une montagne, installation performative signée Eric Arnal Burtschy. Dans l’air flottent une soixantaine de transats suspendus à des câbles. Là, allongé et les yeux fermés, le public s’engouffre dans un tunnel de sensations : chaud, froid, vent, vibrations et même une rasade de pluie en fin de parcours. Une bande son accompagne le voyage : des infrabasses, quelques frôlements, jusqu’à un paroxysme de textures synthétiques. Issu de la danse, le metteur en scène en est à sa deuxième création ne requérant aucune présence humaine en plateau – si ce n’est pour assurer la sécurité des participants. Médium artistique du futur ? Simulation environnementale ? Trip psychédélique ? À vous d’en décider – si vous ne craignez pas l’obscurité ni les orages.
Avec Delay the Sadness, Sharon Eyal compose un show autour de la perte et du deuil. Hommage à sa mère récemment disparue, la pièce est une cartographie sensible des différents états physiques et psychiques traversés pendant cette période suspendue.