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Scènes
Éphémère, instantanée : qu’est-ce que la performance peut nous dire en 2026 ? Pour en dresser le panorama, le Centre Wallonie-Bruxelles lance son marathon annuel de douze heures, toutes sensibilités confondues. Au programme cette année : 45 propositions, beaucoup de cabaret et pas mal d'interactivité.
Dans leur nouvelle expérience plastique et scénique, le tandem catalan scrute le dévoiement du langage par le pouvoir dans un recueil de « contes » satiriques. Une forme stimulante qui n’opère jamais mieux que quand elle se moque d’elle-même.
La metteuse en scène polonaise Ewelina Marciniak détourne l’opéra de Händel pour livrer un récit d’émancipation féminine. Une réussite pop et habile, portée par une belle prestation musicale d’Emmanuelle Haïm et du Concert d’Astrée.
Chantal Akerman inspire à Maëlle Dequiedt un seul-en-scène tout en douceur qui fait infuser les préceptes de la réalisatrice belge dans le quotidien de la comédienne.
Par-delà le lac Léman, le célèbre jet d’eau et les ruelles chic du centre-ville genevois, à Vernier, un immense vaisseau vient d’émerger : 27 000 mètres carrés consacrés à la création artistique et à des projets citoyens. Retour sur le week-end d’ouverture du tout jeune espace Concorde.
Oubliez le spectaculaire et les pyramides humaines : des chaises à roulettes et de la vaisselle premier prix suffisent à Marc Oosterhooff et Owen Winship pour construire tout un univers. Avec une certaine ingéniosité et beaucoup d’espièglerie, les deux circassiens renégocient les termes de la virtuosité dans The Smallest Things.
Pour se repeupler, Israël offre des voyages organisés aux jeunes gens étrangers de confession juive. Le tandem Winter Family détourne le discours de ces séjours culturels dans une satire grinçante qui révèle les racines du projet colonial.
Poursuivant son projet d’adaptation au plateau des grands textes épiques, Pauline Bayle nous balade dans ce poème fondateur de la culture indienne avec le savoir-faire immaculé qu’on lui connaît. Une virtuosité qui, malgré de beaux éclats, nous laisse à distance du feu sacré.
Steven Cohen est devenu artiste dans la nuit noire d’un asile militaire, après avoir perdu la raison. Ou alors était-ce durant la petite enfance, plongé dans l’obscurité terrifiante de la maison familiale. Ou bien quand il a décidé de ne pas se donner la mort, à 14 ans, après avoir rencontré un ami errant comme lui, dans les rues de Johannesburg. « C’est dans tous ces moments que ça se passe – lorsqu’on survit à soi-même. » Sa conscription, son expérimentation sauvage de la performance, la misère, la violence qui déferle de toutes parts sur son « corps juif et queer », le poids de la norme : l’artiste de 64 ans veut tout raconter, car le temps presse, l’âge avance et la maladie emporte ses proches. People Will People You, présenté dans le cadre du Festival d'Automne et du programme plan D, porté par le CN D à la MC93, est un au revoir à la scène, une conférence-effeuillage où se dévoile la fabrication d’une légende. Sur scène, l’artiste s’adressera au public pour la première fois de sa vie dans cet état de vulnérabilité. Pour rencontrer Mouvement, Steven Cohen est venu de Lille à Paris, en habits de ville. Juste un crochet pour donner une interview et se ravitailler en maquillage dans une boutique de la capitale, avant de retourner à sa table d’écriture.