CHARGEMENT...

spinner

La cinéaste Alice Diop a signé huit documentaires et un film de fiction, Saint Omer, récompensé du Grand Prix du Jury à Venise en 2022. À 45 ans, elle monte pour la première fois sur les planches cet hiver dans Le Voyage de la Vénus noire. Puisque « nous sommes obligés de trouver des moyens nouveaux pour dire la même chose », Diop aménage les formes pour raconter l’intime, l’histoire et l’identité. Échange transatlantique à l’ombre de sa bibliothèque, dans sa maison de Montreuil.


Un portrait extrait du numéro 128 de Mouvement



« Je crois, la mère, dans tous les cas ou presque, dans toutes les enfances, dans le cas de toutes les existences qui ont suivi cette enfance, la mère représente la folie. Elle reste la personne la plus étrange, la plus folle qu’on ait jamais rencontrée, nous ses enfants. » Assise dans sa salle à manger, Alice Diop cite La Vie matérielle de Marguerite Duras. Elle lève les yeux de son téléphone, glisse un quartier de clémentine dans sa bouche, prend le temps de l’avaler et continue : « C’est fou, c’est ça, c’est exactement ça. » Avec ce détour littéraire, la cinéaste fait deviner ce qu’elle a tant de mal à formuler : pour quelle raison fut-elle absorbée par le procès de Fabienne Kabou, mère infanticide qui abandonna sa petite fille de 15 mois à la marée montante, sur une plage de la Manche, en

LA SUITE EST RÉSERVÉE AUX ABONNÉ.ES

+ CONNECTEZ-VOUS

Lire aussi

    Chargement...