Un portrait extrait du numéro 128 de Mouvement
« Je crois, la mère, dans tous les cas ou presque, dans toutes les enfances, dans le cas de toutes les existences qui ont suivi cette enfance, la mère représente la folie. Elle reste la personne la plus étrange, la plus folle qu’on ait jamais rencontrée, nous ses enfants. » Assise dans sa salle à manger, Alice Diop cite La Vie matérielle de Marguerite Duras. Elle lève les yeux de son téléphone, glisse un quartier de clémentine dans sa bouche, prend le temps de l’avaler et continue : « C’est fou, c’est ça, c’est exactement ça. » Avec ce détour littéraire, la cinéaste fait deviner ce qu’elle a tant de mal à formuler : pour quelle raison fut-elle absorbée par le procès de Fabienne Kabou, mère infanticide qui abandonna sa petite fille de 15 mois à la marée montante, sur une plage de la Manche, en

