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Ryūsuke Hamaguchi a présenté son nouveau film Soudain au Festival de Cannes, adapté de la correspondance entre une philosophe japonaise atteinte d’un cancer et une anthropologue spécialiste du soin. Transposé dans une maison de retraite de la région parisienne, le film explore des espaces indécis : l’imperfection de la langue, l’importance du hasard, l’indécision du diagnostic. Conversation lost in translation entre Paris et Tokyo.


Un portrait extrait du numéro 130 de Mouvement



« Il y a une question que je me pose de façon récurrente : est-ce que c’est “intéressant” ? C’est un terme difficile à traduire. En japonais, le mot omoshiroi renvoie à la fois à l’idée d’intérêt et d’amusement. Il y a quelque chose de cet ordre-là : est-ce que cela m’éveille, est-ce que cela me met en mouvement, est-ce que cela me touche ? » Interrogé quelques jours avant sa présentation cannoise, Ryūsuke Hamaguchi revient sur la genèse de son dernier long-métrage, Soudain, librement inspiré d’un recueil de correspondances entre deux chercheuses japonaises, Makiko Miyano, philosophe, et Maho Isono, anthropologue. Sa coscénariste, Léa Le Dimna, qui assure la traduction de l’entretien, insiste sur le terme. « Omoshiroi évoque littéralement le “visage qui s’&e

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