Un portrait extrait du numéro 130 de Mouvement
« Il y a une question que je me pose de façon récurrente : est-ce que c’est “intéressant” ? C’est un terme difficile à traduire. En japonais, le mot omoshiroi renvoie à la fois à l’idée d’intérêt et d’amusement. Il y a quelque chose de cet ordre-là : est-ce que cela m’éveille, est-ce que cela me met en mouvement, est-ce que cela me touche ? » Interrogé quelques jours avant sa présentation cannoise, Ryūsuke Hamaguchi revient sur la genèse de son dernier long-métrage, Soudain, librement inspiré d’un recueil de correspondances entre deux chercheuses japonaises, Makiko Miyano, philosophe, et Maho Isono, anthropologue. Sa coscénariste, Léa Le Dimna, qui assure la traduction de l’entretien, insiste sur le terme. « Omoshiroi évoque littéralement le “visage qui s’&e

