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À l’instar des paons et des paradisiers qui déploient leur traîne colorée lorsqu’ils entrent en parade nuptiale, les humains disposent de tout un arsenal de voyant également flashy pour mener à bien leur conquête amoureuse. Entre les plumes orangées des flamands de camargues filmés par Anne-Charlotte Finel et les tutoriels beautés de Paul Kindersley qui se grime d’une façon plus clownesque qu'avantageuse, à la Crypte d’Orsay, la séduction est aussi plastique que tactique. Au gré des cinq œuvres présentées, le scénario d’une aventure se dessine.




Se faire des films 

 

Si toute nouvelle entreprise de séduction est une aventure, cela n'empêche pas au rite social du flirt d'avoir son lots de lieux communs. D'une œuvre à l'autre, l'exposition Pour vous séduire interroge ce chemin trop déterminé. D’abord, il y a les préparatifs. Devant sa caméra, Paul Kindersley brosse ses sourcils en jaune, repasse sa bouche en rouge (même s’il dépasse largement le contour de ses lèvres), trace de gros cercles roses sur ses joues. La séduction est un art, un art plastique, qui commence les doigts dans la peinture du maquillage. Dans différents tutoriels – « Hangover cure » (thérapie pour gueule de bois), « Eternal Youth » (Jeunesse éternelle), « Boris Johnson », « London Fashion Week » – l'artiste qui peint partout sauf sur des toiles questionne le désir, surtout celui de vouloir ressembler à autre chose que soi-même en cherchant à correspondre à d'étroits standards de beauté. Ensuite on se décide à passer à l'acte. À l’origine, draguer désigne une pratique de pêche – la drague est un engin permettant de racler le fond de la mer –, puis l’expression s’est déplacée… Disposant sur le sol un collier de perle géant en forme de collet à renard, Julie C. Fortier aborde une zone plus trouble du désir où la volonté de posséder l’autre – ou de l’acheter – interfère. La conquête n’est pas que tendresse, son vocabulaire est plus belliqueux. Le désir transforme ce qu’il veut en pure proie, pur objet. Avec un tel rapport de force on court à la catastrophe. C’est la rupture. Benny Nemer refuse de garder son chagrin pour lui seul, il veut le partager pour en répartir la douleur. Au mur, un mot manuscrit indiquant que, contre une larme du spectateur, l’artiste réécrira sa lettre de rupture écrite à son ex-amant, en remplaçant son nom par le sien. À l’heure où l’on peut éclipser une relation en un sms, le plasticien ravive l’émotion du papier et de la plume.


Julie C. Fortier, Le Piège, 2018 


Toucher avec les yeux


Mis à part l’installation de Julie C. Fortier, et ses perles enduites d’un mélange de phéromones et de parfum, l’exposition reste éminemment visuelle. L’artiste française Emmanuel Villard assume les traditionnelles interdictions de toucher des musées pour faire monter la frustration. Deux coussins couleur chair emballés dans de fins collants déchirés. Une forme moelleuse, charnelle, palpable. Intitulée de façon très injonctive Touche-moi, l’installation résonne ou comme un appel à transgresser ou un apprentissage de la retenue –  au regard de s’adapter. 



> Pour vous séduire, exposition collective, jusqu’au 4 décembre à la Crypte d’Orsay