CHARGEMENT...

spinner

Un entretien extrait du n°127 de Mouvement



En 2024, le Festival della Mente, un rendez-vous de philosophie en Ligurie, vous avait invitée pour présenter votre livre sur le gaslighting, dont l’un des chapitres est dédié à Giorgia Meloni. Les organisateurs ont finalement annulé votre venue. Votre nouveau livre est-il une revanche ?


Je ne sais pas si l’on peut se venger avec un livre mais j’ai été très affectée par cette décision, à tel point que j&rsqu

o;en faisais des cauchemars. Meloni me visitait dans mes rêves. Mais le plus grave dans cette histoire, c’est l’autocensure : il n’y a plus besoin de demander à l’opposition d’obéir, elle obéit par elle-même. Le festival m’a d’abord explicitement demandé de ne pas citer Giorgia Meloni, ce que j’ai feint d’accepter, à contrecœur. Trois jours avant mon arrivée, un article est paru dans le Corriere della Sera à mon sujet, me présentant comme une opposante française au gouvernement italien. Alors, le ton a changé et ils m’ont tout simplement désinvitée. C’est choquant, d’autant plus quand la décision provient d’un festival de gauche, qui ne dépend pas financièrement de l’État. En Italie, la culture est peu subventionnée. Alors pour obtenir cette allégeance, en arrivant au pouvoir, Giorgia Meloni a décapité l’intégralité des directeurs de festivals, de théâtres et de musées. De la même façon, aujourd’hui, elle est soutenue par une grande partie de la presse, même La Repubblica, [historiquement de centre gauche, Ndlr]. Dans son génie, elle s’inspire d’Antonio Gramsci. Elle prend tout le modèle marxiste de l’hégémonie culturelle et le fascise. Le « Premier ministre », comme elle veut être appelée, fait régner un climat de terreur en Italie.

 


Le livre fonctionne sur le principe du cut-up. Pour l’écrire, vous avez consommé des heures de cette propagande ?


LA SUITE EST RÉSERVÉE AUX ABONNÉ.ES

+ CONNECTEZ-VOUS

Lire aussi

    Chargement...