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« Au moment où votre esprit s’est élevé, avez-vous ressenti la gravité ? », « La rétrospective de votre vie fut-elle exhaustive ? », « Avez-vous rencontré votre défunte mère, ou bien Jésus-Christ ? » Le questionnaire psychologique soumis aux personnes ayant connu une « expérience de mort imminente » croise préoccupations pratiques et philosophiques, état des lieux et états d’âme. Outre une copie de ce document, on trouve dans les cahiers de recherche de Marie Quéau des archives d’entraînement militaire à haut risque, des rapports d’exploration de volcan en éruption et des images d’immolation volontaire – autant de pratiques extrêmes qui confirment l’intérêt de la photographe pour les limites corporelles. Dans le même mouvement, l’artiste photographie cascadeurs, apnéistes et autres prodiges du sang-froid, s’aventure dans des studios de modelage pour le cinéma d’horreur et documente l’avènement des Fury Rooms, ces salles de jeu offrant un « défoulement unique : briser de la vaisselle, des ordinateurs et des télévisions sans conséquence ». Par le collage et les jeux de correspondances, Fury – sorte d’Atlas Mnémosyne actualisé – nous embarque dans un training hardcore : les corps sont harnachés, encagoulés ou recouverts de gel ignifuge, prêts à résister à la violence qui vient. Entre plaisir et douleur, les personnages de Marie Quéau cherchent la jouissance. Yeux révulsés ou pupille dilatée, ils flirtent avec la limite charnelle et, bien au-delà, celle du langage, de la loi, de l’interdit.

























Fury, exposition au BAL, Paris, jusqu'au 8 février 


Fury, édition Roma, 2026



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