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S’il ne s’agit plus seulement d’écouter, mais de sentir, c’est que la programmation de cette nouvelle édition de Santarcangelo nous met tantôt devant notre vulnérabilité, tantôt face à nos puissances. Cri, chuchotement ou éclat de rire, il s’agit de réactiver notre capacité à entendre vraiment. Dans la résonnance de toutes ces voix, nous sortons de ces quelques jours plus vibrants.


C’est par la raison des sens bien plus que par le sens de la raison que la dernière œuvre de Motus vient nous toucher. Inspirée des Troyennes de Jean-Paul Sartre, Tout brûle nous met face au délire de Cassandre et de la douleur d’Hécube pour nous rappeler aux guerres contemporaines et au silence du cimetière à ciel ouvert de la Méditerranée. Mais la voix n’est pas moins puissance si elle se fait discrète. Dans My Body solo de Stefania Tansini, c’est le corps qui parle. Ce corps qu’on oublie et auquel le spectacle vivant nous met face, sans filtres. Laissant le cogito ailleurs, il essaie ici de se libérer, de se retrouver lui-même. Et qu’importe s’il faut, pour cela, reprendre, recommencer le geste, encore et encore. 


Mise en scène de l’épuisement, Ensaio Para Uma Cartografia est lui aussi un essai continue dans lequel Monica Calle résiste avec ses camarades pendant 140 minutes. Elles dansent sur les répétitions du Bolero de Ravel, puis jouent maladroitement la Symphonie n. 7 de Beethoven, passent sur pointes, retournent au Bolero et ainsi de suite. Elles sont nues, vulnérables, recommencent, continuent, se regardent et se soutiennent. À l’image de soldats du quotidien, elles réagissent à la fatigue et à la souffrance chacune à sa manière : qui pleure, qui essaie de sourire, qui fait semblant que tout va bien. Dans le public, on se sent presque coupable de ne pas être, nous aussi, avec elles.


La nudité mise en scène par Teresa Vittucci pendant 40 minutes est plus déroutante. Lorsque le compositeur et performeur Colin Slef entre sur scène comme un faune contemporain, un rire éclate. Les deux s’étonnent que les spectateurs les aient observés pendant si longtemps. Faut-il avoir honte de montrer ainsi son vagin ? Entre pas de danse, poses et chants, Vittucci réfléchit à la féminité à partir des modèles d’Eve et de Pandore. Seconde partie de sa trilogie sur la vulnérabilité, DOOM rappelle la manière dont la curiosité féminine a toujours été condamnée. Mais si la vulnérabilité est un moteur de connaissance, notre vulnérabilité n’est-elle pas notre force ? Se rendre poreux est un droit à défendre.


> Le festival de Santarcangelo a eu lieu du 8 au 17 juillet à Santarcangelo, Italie