CHARGEMENT...

spinner

Un PDG de compagnie pétrolière à la tête de la prochaine COP, un président mégalo déterminé à dézinguer les acquis sociaux, et à peine de quoi se chauffer pour l’hiver. Les occasions de bader sévère ne manquent pas, et on serait bien en peine de jeter la pierre à la clique du Cheval de la vie, déclarée inapte pour le spectacle. Ils sont trop fatigués, nous annonce un pastiche d’assistant en stade terminal de résignation - et comme on les comprend. Bien sûr, ils finiront par céder et viendront chauffer le plateau, mais avec juste assez d’attente pour nous laisser lister tous les motifs plausibles de désistement.

 

Cueillie bon gré mal gré dans son désœuvrement, la bande pataude tire ses habits du registre clownesque pour une séance de réanimation collective. Dans cette distribution chorale, chacun.e devrait en prendre pour son grade : une Pierrot perplexe, avec ses bras vaporeux qui n’en finissent pas de tomber ;  une pleureuse à la mine déconfite toute de voile noir vêtue; un béat tout sourire que l’on aurait peine à contredire. Dans le panel des humeurs contemporaines, directement nourri d’une grosse louche d’auto-dérision, l’espoir fait rire et c’est toujours ça de gagné.

 

Sur un plateau aux allures de salle de jeu pour comédiens dissipés, la troupe remue sol et rideau pour garder la tête hors de l’eau. Ici, l’enthousiasme est devenu religion, et pas question de se laisser brider par l’ombre de la Mort dusse-t’elle arborer le masque d’un slasher bien connu. Dans un ballet galopant, dans une séance de spiritisme sur le divan, avec ou sans perruque, Le Cheval de la vie mène sa course folle en tapant dans tous les râteliers. C’est absurde, pailleté, en bon français ou en yaourt allemand. Bref, ça n’a pas plus de sens que la vie au dehors, mais l’Enfer assurément – est plus vivable en gloussant.

 

> Le Cheval de la vie de Lou Chrétien-Février, du 18 au 22 janvier à La Commune, Aubervilliers ; les 2 et 3 février au Théâtre du Beauvaisis, Beauvais ; le 3 mars au Phénix, Valenciennes, dans le cadre du festival Cabaret de curiosités